Baisse des recettes douanières, l’AGD dépeint une situation compliquée

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Recettes douanières

La tendance à la hausse que connaissaient les recettes douanières de 2013 à 2018 dans le pays va probablement inverser cette année à cause de différentes difficultés rencontrées par l’Administration générale des douanes (AGD). D’octobre 2017 à juin 2018, les recettes douanières totalisent 29 573 milliards de gourdes contre 31 430 milliards de gourdes collectées au cours des trois premiers trimestres de l’exercice précédent, soit une diminution de 5,91%, selon des chiffres communiqués par l’AGD au journal Le Nouvelliste.

Pour les trois trimestres écoulés de cet exercice, les recettes douanières se présentent en dents de scie. L’AGD a collecté respectivement au cours de ces trois trimestres : 10  403 milliards de gourdes ;  8  998 milliards de gourdes et 10, 171 milliards de gourdes. Ces chiffres, par rapport aux trois premiers trimestres de l’exercice précédent, réduisent respectivement de (11.39%), (0.44%) et (4.50%).

Selon des données de l’AGD, les importations connaissent une baisse de 5,84% au cours des trois premiers trimestres de cet exercice en comparaison aux trois premiers trimestres de l’exercice 2017-2018. Jusqu’au 30 juin de cette année, les importations se chiffraient à 162  067 milliards de gourdes contre 172 122 milliards de gourdes à pareille époque l’année dernière. Le ratio sur l’importation, autrement dit la pression douanière, est de 18%.

L’AGD a fait état des principales causes de la baisse des perceptions douanières à l'importation d'octobre à juin de l'exercice fiscal 2018-2019 par rapport à la même période de l'exercice fiscal 2017-2018 : « La baisse de importations est due à la rareté de devises conséquemment à la hausse du taux de change, la subvention accordée sur les produits pétroliers provoquant des pertes de recettes significatives, les troubles sociaux (operasyon peyi lòk) et la situation d’insécurité qui prévaut à La Saline. »

« La reprise des activités après les troubles sociopolitiques du début de mois de juin est marquée par des tensions. Bref, nous travaillons sous pression. Le climat d’insécurité qui fait rage à La Saline provoque un ralentissement des activités », a affirmé Fritz Alcindor, directeur adjoint de l’Administration générale des douanes, soulignant que la reprise des activités de la douane est effective partout dans le pays, même à Belladère où des transporteurs avaient observé un arrêt de travail pour protester contre une redevance exigée par la douane dominicaine.       

Quand l’insécurité bat son plein à La Saline, elle a des conséquences sur le fonctionnement de l’AGD. Des gangs armés rivaux s’affrontent dans ce quartier de la capitale dans l’indifférence totale des autorités étatiques qui ne se soucient guère des pertes en vie humaine voire des recettes. Pourtant, l’État se trouve dans l’impossibilité de payer à temps les employés et les contractuels de la fonction publique. Il devient de plus en plus difficile pour l’AGD de procéder aux perceptions douanières à l’importation quand tout est paralysé dans le pays à cause des troubles politiques.

Concernant la subvention des produits pétroliers, rappelons que le ministre de l’Économie et des Finances Ronald Décembre avait révélé, en conférence de presse, que les pertes de ressources enregistrées sur lesdits produits étaient estimées à 16 milliards de gourdes.

Quant à l’augmentation du taux de change, elle aurait dû, de l’avis de l’économiste Fritz Jean, provoquer un accroissement des recettes douanières. Mais à cause de la rareté de devises dans l’économie, l’appréciation du taux de change n’a pas pu influencer les recettes douanières à la hausse. Par ailleurs, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), dans son rapport sur la situation financière de l’État et l’efficacité des dépenses publiques, a fait savoir que les augmentations de recettes douanières et fiscales enregistrées ces derniers temps ne sont en réalité qu’une baisse de la valeur des recettes en termes réels dans la monnaie locale. La CSCCA fait surtout référence à l’appréciation du taux de change qui provoque une perte du pouvoir d’achat des agents économiques dont l’État haïtien.  

Gerard Jeanty Junior Source le Nouvelliste

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