Au Sénat, le Premier ministre Lafontant a multiplié les promesses

Publié
1 année ago
Dernière mise à jour
1 année ago
5763 views
Time to
read
2’

Jack Guy Lafontant et le CSPN au Parlement

Les incendies successifs qui se sont déclarés aux marché en fer et Marché Guérite, en l'espace d'une semaine, ont provoqué de longues discussions ce mercredi entre le CSPN et les sénateurs. 

Ces derniers, pendant plus de six heures, ont transcendé leurs divergences pour discuter, entre autres, des marchés incendiés et du carnaval. Comme souvent au Bicentenaire, les élus, plus d’une douzaine, ont largement parlé, d'un peu de tout, d'un peu de rien, pour la première séance de Questions orales au gouvernement (QOG) de l’ère Lambert, que Youri Latortue a gentiment appelées ‘’mercredi de contrôle’’.

Comme d'habitude chaque fois que le Premier ministre Jack Guy Lafontant dépose l’échine au Sénat, les promesses pleuvent. A l’entendre parfois, on peut se demander de quel pays il parle tant l’image qui en ressort est à bien des égards flatteuse. Sur le dénuement du pays, dont les bouches d’incendie à sec, le chef du gouvernement a évoqué un problème, avant d’annoncer que dans les « quatre prochaines années, toutes les villes d’Haïti disposeront d’un système d’adduction d’eau potable où l’eau sera disponible en quantité et en qualité ». Le Premier ministre, à chacune des questions des pères conscrits, n’a pas tari de réponses.

« Dans les prochaines semaines, la question des arriérés de grade sera également résolue », a-t-il dit, à l’adresse de Jean Renel Sénatus, président de la commission Justice du Grand corps qui a dépeint un tableau pour le moins sombre des conditions des policiers. Sur la question du système national d’eau potable, Jack Guy Lafontant a indiqué qu’ « ils [les chefs] ont déjà engagé des réflexions en ce sens et très prochainement ils commenceront à l’implémenter ». Il a parlé, comme s’il était en campagne, de la nécessité d’un service d’incendie dans chaque ville moyenne de l’île, aux fins de faire face aux feux.

Mais les élus, eux, cherchaient surtout à savoir l’origine des feux qui ont successivement ravagé deux importants marchés de la capitale, en moins de huit jours. Sur leurs lèvres, il y a eu de l’indignation, de la colère. Si le pays ne dispose pas de corps de pompiers fort et efficaces, c’est à cause de la corruption, c’est parce que des directeurs d’organismes autonomes s’offrent 10 000 dollars américains de salaire chaque mois, s’est emporté Patrice Dumont, citant en exemple le directeur général du Fonds d'assistance économique et sociale (FAES). Le sénateur de l’Ouest a invité ses pairs à « avoir des couilles », pour pouvoir appeler un chat un chat.

Sur la question de la recapitalisation des marchands, Jack Guy Lafontant a voulu chasser toute équivoque. « Il y aura une analyse au cas par cas des dossiers parce qu’il y a des petits marchands et des grands marchands. Nous sommes avec eux. Le gouvernement est mobilisé […] », a-t-il expliqué, soulignant que l’enquête relative au Marché en fer est en cours. Sur le marché Guérite, il a évoqué la thèse d’un « incendie accidentel ». « L’enquête suit également son cours. Il y a eu arrestation », a-t-il enchaîné, promettant de faire en sorte que tous les bâtiments publics disposent d’extincteurs.

Au-delà des promesses, le président du Sénat, Joseph Lambert, a insisté sur le suivi que le bureau compte désormais donner aux Questions orales au gouvernement. « Il ne suffit pas de venir au Sénat et d’annoncer des engagements. On va veiller à ce que ce ne soit pas que des discussions sans résultats », a expliqué M. Lambert, qui rejette la thèse avancée par le sénateur Jean Renel Sénatus, selon laquelle le Sénat est en crise depuis la résolution votée par la majorité présidentielle renvoyant le dossier PetroCaribe à la Cour des comptes.

Sur le carnaval, et le fait que Sweet Mickya violé l’horaire établi, empruntant la route du Sud, provoquant du coup d’interminables bouchons dans la matinée du mercredi 16 février, le directeur général de la PNH, face aux courroux du sénateur Jean Renel Sénatus, a évoqué un retard dans l’exécution de l’ordre de mettre un terme au défilé carnavalesque. « L’inspection générale est en train d’enquêter là-dessus », a déclaré Michel-Ange Gédéon, avant d’être coupé par le sénateur de l’Ouest : « Il nous faut un rapport détaillé. Nous ne ne souhaitons pas que ce soit les simples policiers qui en font les frais. »

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 3 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 4 mois ago