Au moins 15 morts dans un massacre à Bel-Air, le RNDDH indexe le pouvoir

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Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a révélé que les nommés Jimmy Chérizier alias Barbecue et Ti Sonson se sont rendus au début du mois novembre au Bel-Air où ils ont assassiné au moins 15 personnes, fait des blessés par balle et incendié 21 maisons et 11 véhicules roulant. Le 6 novembre, « ils ont assassiné au moins quatorze personnes. Treize parmi elles ont péri dans une maison qui a été incendiée et l’autre décapitée à Mayard. Les cadavres de toutes les victimes ont été emportés. Plusieurs personnes sont été blessées par balle. Des véhicules qui étaient garés au bord de la route ont été incendiés », a indiqué le communiqué du RNDDH qui a donné des détails sur le déroulé de ces faits pour le moins glaçants.

« Depuis le 4 novembre 2019, à Bel-Air, il sévit une situation alarmante caractérisée par des attaques armées, des incendies de maisons et de véhicules et le maintien d’une psychose de peur au sein de la population. Selon les premières informations recueillies par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), ces attaques, perpétrées par les gangs armés dirigés respectivement par Jimmy Chérizier alias Barbecue et Ti Sonson connu encore sous le nom de Ti Chèf, de la base Krache Dife, sont orchestrées par les autorités exécutives. L’objectif premier est de débarricader la zone de Bel‑Air, jugée trop active politiquement notamment lors des dernières ''opérations de verrouillage'' du pays. Selon toute vraisemblance, des agents de la Brigade d’opération et d’intervention départementale (BOID) et de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) sont aussi impliqués dans la perpétration de ces attaques », a indiqué le RNDDH.

« Quelques jours avant ces attaques armées, deux rencontres ont été tenues les 30 octobre et 1er novembre 2019 avec des jeunes militants de Bel-Air. Au cours de celles-ci, un ministre ainsi qu’un membre de l’exécutif ont demandé aux militants d’enlever les barricades des rues. Ces derniers n’ont pas accepté. Ils leur ont alors proposé cinq millions de gourdes. Un refus catégorique leur a encore une fois été opposé. Le gouvernement a alors pris contact avec Jimmy Chérizier qui a accepté d’exécuter le travail pour lequel il a sollicité et obtenu une alliance avec la base Krache Dife, située à la rue Porcelaine, zone Dèyè La Kwa. Ainsi, le 4 novembre 2019 dans la matinée, Jimmy Chérizier alias Barbecue, Ti Sonson, chef du gang dénommé Base Krache Dife, accompagnés de plusieurs individus lourdement armés, se sont rendus dans la zone de Bel-Air en vue de désobstruer les routes et de permettre la reprise de la circulation automobile », a révélé le RNDDH qui a fourni d’autres éléments.

« Dans les zones de Sans-Fil, Perpétuel, Impasse Félix, rue Tiremasse, rue Mayard, Corridor Bastia et Morne Marinette, ils se sont butés sur une résistance populaire et n’ont pas pu procéder à la levée des barricades.  En représailles, ils ont fait feu sur les riverains, tuant par balle une marchande qui vendait du pain à la rue Tiremasse et blessant plusieurs autres personnes, pour la plupart, aux pieds. De plus, dans la zone de Perpétuel, ils ont mis le feu à au moins quatre véhicules et ont endommagé au moins deux transformateurs de courant électrique. À Mayard, sept autres véhicules ainsi que vingt maisons ont été incendiés. Au morne Marinette, d’intenses échanges de tirs ont été enregistrés ce jour-là, portant Jimmy Chérizier alias Barbecue à prendre la fuite, abandonnant sur les lieux six des motocyclettes sur lesquelles ils étaient venus. Dans la soirée, avec l’aide d’un back-up de BOID, ils sont revenus récupérer leurs motocyclettes, en tirant dans toutes les directions. Le lendemain, soit le 5 novembre 2019, une nouvelle attaque a été perpétrée à l’encontre de la population de Bel-Air. Des maisons, des motocyclettes ainsi que des voitures ont encore une fois été incendiées », a expliqué le RNDDH qui déplore le fait par les autorités étatiques de recourir une fois de plus à la violence et aux gangs armés à des fins politiques. »

« Cette stratégie qui, depuis 2017, a déjà donné lieu à plusieurs massacres et à l’assassinat de centaines de personnes, est inacceptable », a poursuivi le RNDDH. « Le RNDDH ne comprend pas qu’à présent, la Police nationale d’Haïti (PNH) ne soit pas intervenue pour ramener l’ordre au Bel-Air et protéger la population, livrée à elle-même. Le RNDDH condamne avec la dernière rigueur ces actes de violation systématique des droits à la vie, à l’intégrité physique et psychique du peuple de Bel-Air et rappelle qu’il s’agit de droits garantis par les articles 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) et 4.1 de la Convention Américaine relative aux Droits de l’Homme. Le RNDDH exige que les autorités policières mettent tout en œuvre en vue de mettre fin immédiatement à ces attaques », lit-on dans ce communiqué.

Avant les évènements rapportés par le RNDDH, survenus au Bel-Air, le nom de M. Chérizier, présenté comme un instrument répressif à la solde du pouvoir, a été cité dans d’autres massacres.

Jusqu’ici, les instructions de la justice sur les massacres de La Saline, de Tokyo n’enlèvent pas le sommeil à des suspects, dont d’anciens hauts responsables du régime du président Jovenel Moïse.

Source Le Nouvelliste

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