AMIH, ANMH, AJH et RSF condamnent l’assassinat de Néhémie Joseph et exigent que justice lui soit rendue

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Les associations des médias ANMH et AMIH condamnent et déplorent l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph. Dans une note conjointe, les responsables de l’Association nationale des medias haïtiens et de l’Association nationale des medias indépendants d’Haïti qui disent avoir appris avec stupéfaction la nouvelle de l’assassinat de Néhémie Joseph survenu jeudi soir dénoncent un «acte odieux qui vient s’ajouter aux menaces et autres agressions que subissent les organes de presse et les journalistes sur l’ensemble du territoire ». Les associations relatent que les premières informations disponibles font état d’ « une exécution par arme à feu ».

Frantz Duval et Georges Venel Remarais, qui sont respectivement président de l’ANMH et président de l’AMIH, soulignent que le journaliste qui animait une émission sur Radio Panic FM de Mirebalais et qui était correspondant de Radio Méga avait fait état de menaces reçus dans le cadre de son travail. Sur la base de ces informations, les deux patrons de médias appellent la police et la justice à faire leur travail pour que toute la lumière soit faite sur cet assassinat et pour que justice soit rendue à Néhémie Joseph. 

Présentant leurs condoléances aux parents, amis et confrères de Néhémie Joseph, ils rappellent aux autorités constituées qu’il leur revient de tout faire pour garantir les conditions de sécurité pour tous les médias, pour tous les journalistes et pour tous dans le pays. Ils en profitent pour demander aux journalistes et aux médias en général de continuer à faire leur travail si indispensable à l'information de la population et à faire preuve de vigilance et de solidarité.

AJH appelle la PNH à ouvrir une enquête

Apres avoir condamné également l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph, l’Association des journalistes haitiens (AJH) s’est montrée très critique vis-à-vis des autorités de la PNH et de la justice dont « l’ incapacité manifeste à identifier et à poursuivre les auteurs de nombreux cas d’assassinats, de disparitions, de bastonnades, d’agressions et d’attaques contre des journalistes et des travailleurs de la presse favorise l’impunité et encourage la répétition de pareils actes ».

Dans une note signé par son secrétaire général Jacques Desrosiers, l’Association des journalistes haïtiens appelle les autorités de la PNH à diligenter une enquête afin d’identifier les auteurs de l’assassinat du journaliste afin pour qu’ils puissent répondre de leur acte par devant la justice. Jacques Desrosiers a insiste sur le fait que les « informations ont rapporté qu’il dénonçait des menaces dont il faisait l’objet, depuis plusieurs jours ». 

Le RSF extrêmement préoccupé

Pour sa part, l’organisation Reporters Sans Frontières s’est dit « extrêmement préoccupée par l’intensification des attaques contre la presse dans ce pays et appelle les autorités à renforcer la protection des journalistes sur l’ensemble du territoire ».  Il s’agit du deuxième journaliste tué cette année en Haïti, rappelle Reporters sans frontières (RSF).  

« Il était très critique du gouvernement en place et dénonçait régulièrement la mauvaise gestion de la crise politique par les autorités locales », dit le directeur Regional  de Reporters Sans Frontières à propos du journaliste assassinee jeudi soir. « Des individus armés l’ont abordé puis forcé à se loger dans le coffre de son propre véhicule, avant de l'atteindre mortellement de trois balles », rapporte Emmanuel Colombié.

« Les autorités haïtiennes doivent de toute urgence identifier les auteurs de cette sordide exécution, déclare Emmanuel Colombié, directeur du bureau Amérique latine de RSF. “Les conditions de travail des journalistes haïtiens qui couvrent la crise sociale dans le pays sont extrêmement dangereuses et préoccupantes. Le gouvernement doit assurer leur sécurité sur tout le territoire, et veiller à garantir la liberté d’informer, vitale pour l’ensemble des haïtiens en cette période trouble », exige le représentant de Reporters Sans Frontières dans la région.

 Il fait remarquer que l’assassinat de Néhémie Joseph et celui de Pétion Rospide  de Radio sans Fin, le 10 juin dernier, intervient dans un contexte de graves tensions en Haïti.  « Depuis plusieurs mois, les protestations, souvent violentes, se multiplient à travers le pays contre le président Jovenel Moïse, empêtré dans des affaires de corruption. Les journalistes haïtiens sont particulièrement vulnérables et régulièrement pris pour cibles lors de ces manifestations », souligne Emmanuel Colombié tout en rappelant les nombreux d’agression subies par plusieurs medias et journalistes au cours de cette année.

« En juin 2019, les studios des radios Télé Zénith et Radio Télé Ginen étaient attaqués par des groupes armés. Le 16 septembre, Elmon Zidor, journaliste pour la radio Hozana FM, était poignardé à Jacmel (sud du pays). Le 23 septembre dernier, le sénateur Jean-Marie Ralph Fethière, élu du Parti Haitien Tèt Kale, le parti au pouvoir, ouvrait le feu devant le Parlement pour disperser la foule et blessait un photographe de l’agence Associated Press (AP). Le 30 septembre, Edmond Agénor Joseph, cameraman pour Radio Sans Fin, était grièvement blessé par balle alors qu’il couvrait une manifestation. Enfin, RSF rappelle que le reporter photographe haïtien Vladjimir Legagneur est porté disparu depuis le 14 mars 2018, et qu’aucune avancée significative n’a été communiquée par les enquêteurs », liste directeur régional de RSF avant de rappeler qu’Haïti occupe la 62ème place au classement de la liberté de la presse établi par l’organisation en 2019 

Danio Darius source Le Nouvelliste

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