« Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti », le plan de l’opposition enfin prêt

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Après une semaine de rencontres et de deux rendez-vous ratés avec la presse, l’opposition au pouvoir de Jovenel Moïse dispose d’un plan pour diriger le pays, en cas de chute du président. Selon les secteurs qui ont signé ce document, la transition d’après Jovenel Moïse sera présidée par un juge de la Cour de cassation qui sera assisté par un Premier ministre issu de « l’opposition active » et sera contrôlé par « une autorité nationale de transition » qui jouerait le rôle du Parlement.

La grande table d’environ cinq mètres de long, installée dans la cour de l’hôtel Olofson le vendredi 21 juin 2019, ne suffit pas pour accueillir la pléiade de personnages désireux, conjoncture oblige, de s’afficher du côté de l’opposition dans le cadre de la présentation du document, résumant la vision de l’opposition et des secteurs consultés pour le lendemain de l’ère Moïse dont elle ne jure que par le renvoi. Ici, sénateurs, députés, responsables de partis politiques, syndicalistes, étudiants et petrochallengers de toutes tendances se pressent. L’espace est bondé de monde, mais mieux vaut être là et éviter du coup d’être égratigné par le sénateur Évalière Beauplan qui dans son intervention, crucifie « les lâches qui appellent à la démission de Jovenel Moïse dans leur mouchoir ».

En termes de mise en contexte, Évalière Beauplan souligne que l’évènement du jour marque la bonne volonté de l’opposition d’offrir une alternative au pays après le départ souhaité de Jovenel Moïse, et de se donner un bain d’honneur en « chassant le prétexte des mauvaises langues qui ne cessent de claironner que l’opposition n’a pas d’alternative pour remplacer Jovenel Moïse ». Se défaisant ainsi du fardeau nommé ''chaos'', l’opposition a alors droit à un tonnerre d’applaudissements des militants venus, pour certains, en bande de raras pour l’occasion.

Pour l'essentiel, ce plan prévoit le départ du président Jovenel Moïse, son remplacement par un juge de la Cour de cassation, la nomination d’un Premier ministre issu de « l’opposition active », la formation d’un gouvernement incluant tous les secteurs avec, au plus, 14 ministères et la création d’une « autorité nationale de transition » en remplacement du Parlement. Ce plan prévoit aussi d’organiser une « conférence nationale souveraine », l’organisation du procès PetroCaribe et, cerise sur le gâteau, « une nouvelle Constitution ». Tout cela, jusqu’au 22 février 2022, date à laquelle la transition passera le pouvoir à des élus.

A ce stade, les militants se sentent tellement dans leur peau que l’un d’eux ose exiger : « Il faut un ministère pour les militants ». Son comportement étonne ; mais lorsqu’un autre lance un super « Aristide roi » en plein visage de la famille prônant la démocratie, on se perd un peu plus.

Si l’on tient compte du nombre et du poids des partis politiques, cités par Axène Joseph, ayant signé la fameuse « Alternative consensuelle pour la reconstruction d’Haïti » à côté d’autres secteurs de la vie nationale, on peut dire que l’opposition entendait soumettre, le vendredi 21 juin 2019, son plan pour diriger le pays après avoir, si elle y parvient, renversé le président Jovenel Moïse du pouvoir. Malgré cette recette, le sénateur Évalière Beauplan semble ne pas être totalement satisfait. Il va même jusqu’à demander à la presse de ne pas se focaliser sur les absents mais plutôt sur la présence de ceux qui ont assumé.

Samuel Céliné Source Le Nouvelliste

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