Abus sexuels/Haïti : Oxfam sévèrement critiquée dans un rapport

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Oxfam Haiti

À l'issue d'une enquête de 18 mois, la critique d'un organisme britannique de réglementation des organisations caritatives à l'endroit d'Oxfam Grande-Bretagne est sans appel : celle-ci n'a pas satisfait aux normes attendues en matière de protection d'abus sexuels, et a placé sa réputation et sa relation avec les donateurs avant la protection des victimes.

Dans son rapport publié mardi, avec six mois de retard, la Charity Commission for England and Wales conclut notamment qu'Oxfam Grande-Bretagne a échoué à répondre adéquatement à des allégations d'abus sexuels commis par des travailleurs humanitaires en Haïti.

La commission s'est penchée sur ces allégations à la suite d'un  publié en février 2018 par le quotidien britannique The Times. Le journal rapportait que plusieurs employés d'Oxfam, dont un ancien directeur d'Oxfam en Haïti, Roland van Hauwermeiren, s'étaient offert les services de prostituées haïtiennes, dont certaines étaient peut-être mineures, dans des résidences payées avec de l'aide humanitaire destinée à alléger les souffrances de la population après le séisme de 2010.

La culture d'Oxfam et la réaction de l'organisation pour assurer la sécurité des individus étaient inadéquates et ne prenaient pas suffisamment au sérieux les risques encourus par les victimes présumées, jugent les commissaires.

L'organisme de bienfaisance n'a par exemple pas écouté les avertissements, y compris ceux de son propre personnel. Il n'a pas enquêté non plus adéquatement sur les allégations selon lesquelles des enfants aussi jeunes que 12 ou 13 ans auraient été victimes d'inconduite sexuelle de la part d'un « patron », de même qu'il n'a pas signalé les allégations d'abus dont auraient été victimes des enfants, selon les auteurs du rapport.

Notre enquête démontre que, pendant des années, la culture interne d'Oxfam a toléré de mauvais comportements et a parfois perdu de vue les valeurs qu'elle défend.

 Helen Stephenson, directrice générale de la Charity Commission for England and Wales

« Aucun organisme caritatif n'est si grand ou sa mission si importante qu'il puisse se permettre de faire passer sa propre réputation avant la dignité et le bien-être de ceux qu'il a pour mission de protéger », a déclaré la présidente de la commission, Tina Stowell.

Le chien de garde britannique précise que les événements mis au jour en 2011 n'étaient pas isolés, notant des preuves de problèmes de comportement dès juin 2010.

Oxfam promet de suivre les recommandations

L'organisme de réglementation a envoyé un avertissement officiel à Oxfam Grande-Bretagne, et l'organisme de bienfaisance doit maintenant établir un plan d'action pour améliorer ses normes et mettre en œuvre les recommandations du rapport.

« D'importants changements culturels et systémiques sont nécessaires pour corriger les lacunes et les faiblesses identifiées dans notre rapport », estime la directrice générale de la Charity Commission for England and Wales, Helen Stephenson.

Oxfam Grande-Bretagne a dit accepter les conclusions de la commission et assuré qu'elle mettrait en œuvre ses recommandations.

Ce qui s'est passé en Haïti était honteux et nous sommes profondément désolés. C'était un terrible abus de pouvoir et un affront aux valeurs qui sont chères à Oxfam.

 Caroline Thomson, présidente du conseil d'administration d'Oxfam Grande-Bretagne

« Mais je suis convaincue qu'Oxfam Grande-Bretagne est en train de changer et que les mesures que nous prenons mettent Oxfam sur la bonne voie pour l'avenir », a indiqué Mme Thomson dans un communiqué.

Selon la BBC, depuis la révélation du scandale, Oxfam Grande-Bretagne a perdu 7000 donateurs réguliers en plus de son financement public.

En 2011, l'enquête interne d'Oxfam sur cette affaire, déclenchée par une lanceuse d'alerte, avait amené l'organisation caritative à laisser trois hommes démissionner de leurs fonctions et à en congédier quatre autres.

Plutôt que d'être congédié, van Hauwermeiren s'était vu offrir la possibilité de démissionner avec un préavis d’un mois, s’il collaborait à l’enquête, ce qu'il avait fait. Quand l'histoire avait été rendue publique, il avait .

Source RADIO CANADA

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