Venezuela : Rien ne va plus

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Sans Frontieres: Vénézuéla rien ne va plus?

Pendant que le départ massif des vénézuéliens s’accroit en fuyant une situation économique qui ne cesse de dégrader, les tirs croisés des politiciens Vénézuéliens et ceux qui jouent la carte du « régime change » se multiplient, et le pays semble paralyser par cette crise tandis qu’il dispose des ressources pouvant l’aider à sortir de son impasse. Afin de comprendre cette crise qui persiste, Fernando ESTIMÉ, à travers Sans Frontières nous a apporté un décryptage.

Au cours son intervention, M. ESTIMÉ a tenté de montrer l’origine de la crise qui frappe de plein fouet le premier pays ayant des ressources pétrolières les plus importantes au monde, crise qui semble apparaitre avec la mort de son ancien Président Vénézuélien, Hugo Rafael Chávez  Frías, suivi de l’accession de Nicolás Maduro à la magistrature suprême de la République Bolivarienne de Venezuela. Bien qu’il ait été le vice-président de Chavez, disons-le, un de ses disciples, M. Maduro n’a pas le même charisme, il ne bénéficie pas de la même légitimité que Hugo Chavez, il n’a pas non plus la même gestion que ce dernier.

Plusieurs raisons, parfois indépendantes de la volonté de l’actuel Président, peuvent expliquer cette situation dont la quasi-contestation avec laquelle il était accédé au pouvoir, le prix des produits pétroliers qui était revu à la baisse à l’échelle mondiale pendant une longue période de son administration, a avancé M. ESTIMÉ. Ce qui fait que contrairement à Chavez qui avait mis en place des  programmes sociaux dans des « barios » qui sont des quartiers populaires où les conditions de vie de la population sont très dificiles, le président Maduro ne peut pas se faire le luxe d’enclencher ces processus. Car 92% de devise qui rentrent dans le pays repose sur le pétrole et le gaz, les entreprises pétrolières dont la PVDSA en fait aussi partie, représentent 25% du PIB du Venezuela et une part importante du budget de la République, soit 91% reposent sur le secteur pétrolier, a fait remarquer Fernando ESTIMÉ.

Avec l’amplification des sanctions américaines contre le Venezuela, sanctions qui ces derniers temps visent près de 88 hauts dignitaires vénézuéliens dont la première dame, la Vice-présidente du pays, Delcy Rodríguez, le Ministre de la défense, le Ministre de l’information de la communication, ainsi que l’intensification du départ massif  du peuple Vénézuélien à la recherche d’autres endroits où il peut trouver un mieux-être, l’opinion publique nationale et internationale semble divisée sur comment parvenir à apaiser les sorts des Vénézuéliens.

Certains disent favorables à une intervention militaire américaine ou à un coup d’État, d’autres défendent l’idée que ces deux options sont à revoir. C’est le cas de New-York Times qui mettent en garde toutes tentatives d’appui, notamment américaine à un coup d’État au Venezuela, car les américains ont une très grande réputation dans cette pratique (le plan condor), a rappelé M. ESTIMÉ. Et selon les données disponibles, la République Bolivarienne de Venezuela qui a une superficie de 916 445 km2 pour une population de 31 304 016 d’habitant (2017), a vu pendant la crise qui est encore loin d’être terminée, le départ de plus de 3 million de ses ressortissants qui fuient le pays pour aller se réfugier dans des territoires voisins. Ce qui est encore terrible, c’est « le taux d’inflation du pays qui risque d’atteindre un ordre de 100000% (prévision de FMI) », a-t-il martelé.

 

Le Venezuela est mal entouré

A en croire les propos de Fernando ESTIMÉ, sans faire d’illusion, la République Bolivarienne de Venezuela est très mal barré dans la zone. De nombreux pays et organisations dans la région sont à couteaux tirés avec le Président Maduro avec surtout les velléités d’éjecter ce dernier de son fauteuil présidentiel. « Le vote organisé à l’OEA au mois de juin dernier en est une illustration parfaite. Il y a entre autres, le groupe de Lima contenant 14 pays en son sein, qui par le biais du Canada et du Pérou ainsi que d’autres pays du groupe avaient porté plainte à International Criminal Court contre le Venezuela, plainte accusant les autorités vénézuéliennes du non-respect des droits de l’homme, de Crime contre l’humanité », a-t-il souligné.

Avec Marco Rubio à la tête de la sous-commission des affaires pour l’Amérique Latine au Congrès américain, l’un des adversaires jurés de Maduro y compris Bob Mernendez, Sénateur de New Jersey qui a présenté récemment, une proposition de loi au Congrès tendant à rendre hermétique  les relations entre le Venezuela et les États-Unis d’Amérique ; proposition de loi qui vise à rendre pratiquement stérile le régime en place, beaucoup d’obstacles sont à surmonter par M. Maduro qui, selon M. ESTIMÉ ne cesse de jouer la provocation ; et les problèmes du pays est loin d’être résolu, et ce malgré les appuis de la République Populaire de Chine, l’un des fidèles alliés du Venezuela.

Comment surmonter cette interminable crise ?

Question facile en apparence, mais toutes les réponses possibles semblent ne pas  trop bien outiller pour faciliter une vraie fenêtre d’opportunité vue la réalité du terrain qui reste en porte-à-faux avec surtout les échecs des  négociations qui étaient en cours, notamment « l’église catholique qui a voulu faire la médiation, des personnalités latino-américaines dont l’ancien président de la République Dominicaine Leonel Fernandez, l’ancien président de Panama, l’ancien Premier Ministre espagnol Zapatero qui ont voulu jouer leur cartes,  pour arriver à l’OEA qui, elle aussi a voulu faire une tentative de médiation mais lamentablement échouée ; médiation qui laisse derrière elle un véritable bras de fer entre le Président vénézuélien, Nicolás Maduro et le Secrétaire Général de l’organisation, Luiz Almagro » a déclaré, Fernando ESTIMÉ.

Au cours du débat, certains participants pensent que la récupération des fonds Petrocaribe entre les mains des pays qui n’ont pas encore acquitté de leur dette dans le cadre de ce programme initié par Chavez est une option pouvant permettre au Venezuela de se relever la manche ; ce qui est d’ailleurs l’une des propositions qu’a été mis sur la table « les partis de l’opposition », a fait remarquer M. ESTIMÉ. Pour ce dernier, « c’est en fait, plus facile à dire qu’à faire car les méthodes de restitutions sont prévues dans l’Accord que les pays bénéficiaires du programme ont signé avec le Venezuela ».

Les tendances favorables à un coup d’État qui ne sont pas toutefois des opinions partagées par M. ESTIMÉ apparaissent elles aussi prêter à équivoque, en raison du fait que les dernières sanctions à travers lesquelles les États-Unis ont ciblé des hauts dignitaires du régime changent profondément la configuration du jeu. Pour Fernando ESTIMÉ, « les hommes du pouvoir ont intérêt à jouer la carte de la fidélité au régime puisqu’ils se retrouvent dans le même bateau que le chef de l’État. Ils vont sans aucun doute utiliser leur statut pour transgresser les sanctions américaines, notamment celles leur interdisant de fouler le sol américain ».

Favorable à un règlement pacifique de la crise, M. ESTIMÉ n’est pas pour le reversement du régime par la force même si le peuple vénézuélien aurait compris que son bonheur demeure hypothétique avec le statu quo. « Il est plutôt pour une transition démocratique entre le parti au pouvoir et les partis de l’opposition pour éviter l’aggravation du sort des vénézuéliens ». Impopulaire, dépassé par les événements surtout avec la mort en détention de l’un de ses opposants, Fernando Alban, le Président Nicolas Maduro peut-il assurer cette transition même s’il l’aurait souhaité ? En quoi une transition démocratique peut-elle aider à sortir le Venezuela de son impasse ?

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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