Sommet à Singapour : Une partie de Poker Menteur entre Trump et Kim.

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Après une longue marche pour une nouvelle pratique dans la diplomatie haïtienne qui a fait défection il y a belle lurette, l’expert en relations internationales, Fernando ESTIMÉ a choisi de réaliser l’avant dernière édition de cette deuxième saison de l’émission qui vise à rendre accessible les relations internationales à l’auditoire de la Radio Télévision Caraïbes, Sans Frontières, sur le sommet qui a eu lieu à Singapour entre le leader Nord-Coréen, Kim Jong-Un et l’actuel président Américain, Donald Trump, sommet que M. ESTIMÉ qualifie lui-même d’une partie de poker menteur entre Trump et Kim.

Dans le souci d’aider à comprendre ce nébuleux dossier qui suscite autant de remous dans la presse internationale par rapport  aux deux dirigeants qui s’étaient lancés dans une escalade verbale il y a de cela plusieurs mois et qui veulent aujourd’hui tourner la page avec ce fameux sommet de Singapour sur la prétendue dénucléarisation de la Corée du Nord, M. ESTIMÉ a d’abord fait l’historique de la Corée du Nord partant de la guerre de Corée en passant par le fondateur du régime pour arriver à l’actuel dirigeant Nord-Coréen, Kim Jong-Un.

Il a rappelé qu’en 1950 les troupes nord-coréennes avaient franchi le 38ème parallèle en direction du sud, invasion qui avait été vite contré par une force d’intervention de l’ONU dont l’essentiel des effectifs et de commandement avait été l’œuvre des États-Unis. Et ces troupes, en franchissant en sens inverse le 38ème parallèle qui était considéré comme l’équivalent asiatique du « rideau de fer », ont joué la provocation. Ce qui ne tardait pas à entrainer l’intervention massive de la Chine Populaire au côté des troupes nord-coréennes.

La présence chinoise étant venue stabilisée relativement les rapports de force sur le terrain, des négociations ont été ouvertes, lesquelles ont conduit à un armistice signé en 1953 donnant du même coup naissance à une zone dite démilitarisée (DMZ) séparant la Corée du Nord, communiste allié de l’URSS et la Corée du Sud allié des États-Unis. La signature de cet armistice fait que les deux pays partageant la péninsule demeurent « techniquement en guerre » a-t-il rappelé, Fernando ESTIMÉ.

Le bras de fer existant notamment entre les États-Unis et la Corée du Nord montre selon M. ESTIMÉ, les velléités de l’actuel leader Nord-Coréen de marcher contre vent et marées dans les pas de son grand père, Kim Il-Sung, le fondateur du régime, en poursuivant l’objectif d’être admis parmi les grands. Et, il soutient que malgré les gages de bonnes volontés de la part de Kim Jong-Un par rapport à la question de la dénucléarisation de son pays, il ne faut pas croire qu’il  va accepter de renoncer à l’exploitation de son programme, non seulement le retrait de la Lybie sous le règne de Kadhafi, l’Accord sur le nucléaire Iranien qui n’est pas trop loin de nous, en sont de parfaites illustrations, mais aussi le complexe militaro-industriel Nord-Coréen constitue la garantie de survie du régime, a-t-il martelé. De fait, la pérennisation de ce dernier est un élément dissuasif contre toutes stratégies de « changement de régime ».

 Face aux avantages et inconvénients du sommet, M. ESTIMÉ a surtout déclaré que l’idée même de choisir la voie de la négociation par rapport au dossier nucléaire nord-coréen est louable puisqu’il n’y avait pas d’autres options possibles sur la table, mais les deux dirigeants se lancent dans un véritable marché de dupe avec tous les risques qu’il comporte. Et Fernando ESTIMÉ ne cache pas ses inquiétudes sur l’éventuelle dénucléarisation de la Corée du Nord par rapport à une nouvelle perception qui se développe sur le dirigeant Nord-Coréen qui lui fait passer maintenant comme un stratège, un homme intelligeant contrairement à l’ancienne perception qui le présentait comme un fou, un paria après ses  multiples essais. Et selon M. ESTIMÉ, par la continuité de son programme nucléaire, désagréable pour certains, Kim Jong-Un est en passe de réussir un rêve de vielle date : Avoir une reconnaissance qui lui permettra de marcher dans les pas des grandes puissances.

Les rapports de force seraient certes très défavorables à la Corée du Nord si l’option militaire aurait été la bienvenue, cependant, en cas de rupture à la négociation ou de l’insuffisante application des engagements pris par Kim Jong-Un, les Américains ne peuvent pas jouer le gros bras, ils ne peuvent pas recourir à son vielle adage : « la politique de gros bâton » ne serait-ce que pour éviter des dommages collatéraux, a conclu M. ESTIMÉ.

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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