La Police nationale n’a pas été informée « à temps » de la hausse des prix de l’essence

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Avant d’annoncer officiellement la hausse des prix de l’essence à la pompe vendredi dernier, le gouvernement n’avait pas pris le temps d’informer la Police nationale. « Résultats : nous avons été pris au dépourvu et nous n’avons pas pu appliquer le plan de sécurité élaboré à cet effet », a confié au Nouvelliste un haut gradé de la PNH.

Outre un problème d’effectif, les commissariats de police de l’aire métropolitaine faisaient face, vendredi et samedi, à un manque de carburant et de véhicules disponibles au moment où le gouvernement a annoncé l’augmentation des prix du carburant. Certains hauts gradés et responsables de commissariats ont appris la nouvelle via des messages whatsApp ou sur les réseaux sociaux. « On savait que le gouvernement allait augmenter les prix de l’essence, mais on ne savait pas quand il comptait le faire », a confié au Nouvelliste sous couvert de l’anonymat un haut responsable de la police nationale.

« La Police avait élaboré un plan de sécurité pour faire face aux éventuels soulèvements que pourrait provoquer une augmentation des prix de l’essence. On avait demandé un ensemble de véhicules et des moyens supplémentaires à cet effet. Mais on n’a pas été informé à temps », a regretté notre source bien placée dans le haut état-major de la PNH.

Notre contact a souligné au Nouvelliste que la Police a dû attendre jusqu’à samedi pour trouver du carburant nécessaire pour alimenter ses véhicules d’interventions. « Nous avons été surpris par la décision du gouvernement », a avancé notre source.

Le gouvernement a pris la décision d’augmenter les prix de l’essence alors que la police dans l’aire métropolitaine n’avait que 40% de son effectif disponible et un manque cruel de véhicules. 40% des 3 000 policiers que compte le département de l’Ouest. Certains policiers ont dû travailler 48 heures sans dormir, a avoué notre source au sein de la PNH.

En plus des problèmes d’effectifs, de carburant et de véhicules disponibles, la Police nationale d’Haïti doit aussi gérer les frustrations de plusieurs milliers de policiers montés en grades et n’ayant pas encore reçu leur salaire ajuster à cet effet.

Les effectifs commencent maintenant à arriver sur Port-au-Prince, les véhicules sont alimentés et la réponse de la police commence aussi à arriver. Les autorités policières rassurent la population qu’elles seront désormais plus présente dans les rues.

Dans une note de rappel à l'intention des policiers, le directeur départemental Ouest de la PNH indique que : Compte tenu de nombreux cas de violence et de pillage enregistrés au niveau de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince ; et donnant suite aux avis 02 et 03 faisant l'objet de convocation générale de tous les policiers, relevant de la Direction Départementale de l'Ouest, de report de tous les congés, il est fait obligation, une fois de plus, conformément aux dispositions des règlements en vigueur au sein de le PNH, à tous les policiers concernés par la présente, sans exception aucune de regagner, dans le plus bref délai, leurs postes d'affectation respectifs.

Quatre jours après l’annonce puis la suspension jusqu'à nouvel ordre de l’augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe, il y a un calme précaire ce lundi à Port-au-Prince et dans les zones avoisinantes. Les autorités policières ne sont pas encore ne mesure de faire le bilan en termes de personnes tuées et d’entreprises incendiées ou pillées.

Les activités économiques sont restées toutefois paralysées dans l’aire métropolitaine. Les banques commerciales et les magasins qui n'ont pas été pillés sont restés fermés. Le transport en commun est assuré par quelques taxis-motos et quelques rares tap-taps dans certains endroits.

Dans son adresse à la nation samedi soir, le chef de l’Etat avait déclaré nous citons : « J’ai demandé au gouvernement de revenir sur la décision consistant à retirer les subventions sur les prix des produits pétroliers. Le Premier ministre l’a fait. Le prix du carburant reste ce qu’il a été avant sur tout le territoire national. Il n’y a plus d’augmentation sur les prix de l’essence. Vous m’avez envoyé le message et je l’ai reçu. J’ai corrigé ce qui devait être corrigé. Mais maintenant je vous demande de rester calme et de rentrer chez vous… »

Pour les nombreuses entreprises saccagées ou pillées ces derniers jours, le président de la République a déclaré que l’Etat sera responsable de ses actes.

Robenson Geffrard Source Le Nouvelliste

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