HUEH/Grève : les internes passent à l’offensive

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Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH)

Les internes de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) sur fond de revendications salariales, entrent en grève ce lundi. Une grève illimitée qui, dès son premier jour, a un effet destructif sur des parents de patients et des patients eux-mêmes.

Choquée, madame Richard, les yeux livides, n’acepte pas la nouvelle : l’hôpital est en grève, lance le brancardier qui a conduit son mari à la salle des urgences de la médecine interne. La quinquagénaire ne contrôle alors plus ces mouvements, ses va-et-vient entre le service des archives et le boxe des urgences. Il est 2 heures 14 minutes, M. Richard, victime d’un AVC, arrive à bord d’une ambulance de CAN dans un état préoccupant. Sa conjointe le sait et s’est donné le mal pour trouver un médecin au chevet de son mari. Sa demande d’aide formulée auprès du brancardier tombe telle une graine dans une mauvaise terre… « À l’instant même, je viens d’apprendre que l’hôpital est en grève », lui répond l’homme au « crubs » rouge grenat, l’air impuissant.

Les blouses blanches au service des urgences ce lundi sont rares. Les internes, prestataires de soins du premier échelon, le plus proche du malade, observent un arrêt de travail illimité pour revendiquer six mois d’arriérés de salaire.  Ils sont 128 et ce sont eux qui reçoivent d'urgence les patients dès leur apparition à l'hôpital et qui restent à leur chevet durant l'hospitalisation ! Dans les secteurs d’urgence, précise le délégué scientifique des internes, le Dr Junior Jean,  ils font la répartition, administrent les premiers soins. Ils exécutent et ont la responsabilité de mener à bon terme le protocole du malade, et d'avertir leur supérieur, donc le résident pour toute situation inquiétante.

« Nous nous sommes rendu compte que nous ne sommes pas sur la liste des priorités du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), malgré notre importance au sein de l'hôpital », a martelé le Dr Dens Emmanuel Desrosiers, détaillant les griefs des médecins.

« Les internes de l’HUEH réclament les frais mensuels qu'ils n’ont pas reçus depuis 5 mois. L’espace immédiat dans lequel nous travaillons est invivable, les conditions sont inhumaines et ne font pas notre fierté en tant que promoteurs de santé. Face à cette situation déstabilisante qui nous rend impuissants dans la gestion de nos patients, nous exigeons de l’Etat de meilleures conditions de travail ainsi qu'une reconsidération du montant de ces frais qui n’équivalent guère au salaire minimum », a argué le major des internes.

Les internes reviennent à la charge après avoir paralysé en janvier dernier le plus grand centre hospitalier du pays pour reprendre les mêmes revendications. Après plus de trois mois, rien n’est réellement fait, disent-ils. « Nous aimerions dire ceci à la ministre : tenir votre engagement n'est pas une faveur. Vous avez une redevance d'accompagner tous ceux qui aident à faire marcher le système de soins dont vous êtes l'ultime manager. La dignité, le respect doivent être les premiers marqueurs de votre politique », ont écrit les médecins  à l’intention de la ministre, le Dr Marie Gréta Roy Clément.

Dans cette correspondance datée du 18 mai, les protestataires soulignent : « À partir des décisions prises, vous auriez  pu prédire cette situation assez frustrante qui, aujourd’hui, prête le flanc à une grève généralisée des internes. Nous voulons vous rappeler que vous avez la lourde responsabilité d’assurer le fonctionnement du système  de santé et de traiter avec dignité les prestataires de soins. »

Fermes sur leurs positions, les protestataires, qui ont le soutien de certains résidents, disent qu'ils ne feront pas marche arrière cette fois-ci.

Edrid St Juste source Le Nouvelliste

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