Les violences conjugales : pathologie ou phénomène social

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Rommel Pierre et invités la psychiatre Marie-Ange Jean Fils, le psychologue Wilcox Toyo et la travailleuse sociale Darline Thélusma

Dans le monde, chaque jour des femmes meurent de violences physiques. Celles-ci sont diverses, étant d’ordre physique, psychologique, émotionnelle, verbale, économique et sexuelle. Ces violences comportent chacune de nombreuses caractéristiques, les unes plus fréquentes que d’autres. Elles ont des conséquences négatives sur la santé physique et mentale de la victime.

Chez nous, une femme sur quatre est victime de violences conjugales, a rapporté l’Organisation des nations unies. L’EMMUS-VI (l’enquête mortalité, morbidité et utilisation des services) a fait état, dans son rapport 20016-2017, de près de 45% de femmes haïtiennes victimes de violences de  leurs partenaires. Elles sont âgées entre 15 et 49 ans.

La violence conjugale est-elle une pathologie ? Voilà la question emblématique du Forum du 20 octobre, ayant pour invités la psychiatre Marie-Ange Jean Fils, le psychologue Wilcox Toyo et la travailleuse sociale Darline Thélusma.  

La psychiatre Jean Fils avance que la violence conjugale peut être pathologique selon que l’homme a dans son cerveau des zones ou comporte des hormones incitant à la violence. Pour Darline Thélusma, des facteurs plutôt sociaux expliquent la violence conjugale. La thèse de la pathologie lui semble réductrice.          

Selon Wilcox Toyo et  Marie-Ange Jean Fils, les violences conjugales ont des conséquences sur la santé mentale de la victime. Elles engendrent par exemple des troubles psychotiques, la paranoïa, la dépression, la perte de la libido. Ces violences peuvent influer sur le comportement des enfants. Elles peuvent provoquer chez ces derniers l’hyperactivité, des troubles d’apprentissage et des comportements déviants comme l’alcoolisme, la prostitution.

En Haïti, la situation précaire dans laquelle vivent la majorité des femmes les empêche de sortir de ce cercle infernal, estime le psychologue Wilcox Toyo. Leur niveau d’éducation prédispose beaucoup à accepter les violences de la part de leurs partenaires. Ce qui porte la psychiatre Marie-Ange Jean Fils à opter pour une éducation à la sexualité. Celle-ci permettra aux femmes de connaitre leurs droits et leurs devoirs. A cet effet, des institutions publiques et organisations de la société civile doivent jouer leur rôle dans la sensibilisation, l’éducation des jeunes filles appelées à vivre en couple ou à avoir des partenaires.

L’éducation à la citoyenneté, telle que prônée par la psychiatre Marie-Ange Jean Fils, aiderait à la réduction de la violence contre les femmes. Entre temps, la travailleuse sociale Darline Thélusma  appelle les femmes victimes à rompre le silence, à dénoncer à vive voix les violences dont elles sont l’objet, et, enfin de décider de ne plus en subir.   

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une passion pour l'écriture
Journaliste de formation et de profession, Chenald Augustin a travaillé pendant sept ans au journal Le Matin où il était rédacteur au service culture. En juin 2010, il est entré au journal Le Nouvelliste, le pus ancien journal d’Haïti, pour le laisser deux ans plus tard....

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