Jusqu'à quand nos élites seront-elles à la hauteur de la crise qui ronge le pays

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Rommel Pierre -Auguste D’Meza, Antoine Augustin et Jacquenet Oxilus

Quel est le rôle des élites (économique, politique, intellectuelle et religieuse) dans la crise qui ronge le pays ? En sont-elles à la hauteur ? En quoi peuvent-elles contribuer au développement du pays ? Telles sont les principales questions autour desquelles ont débattu, discuté, presque sans contradiction, les professeurs Auguste D’Meza, Antoine Augustin et Jacquenet Oxilus, à Forum du samedi 4 août.

Les invités de Jean Rommel Pierre ont remis en question le rôle de nos élites et leurs responsabilités de la situation socio-économique du pays, de la déchéance et des inégalités sociales dont elles ne semblent préoccupées. Ces élites qui sont censées être le moteur, le vecteur du développement n’existent pas, selon Auguste D’Meza. Pour le juriste Jacquenet Oxilus, elles n’ont pas joué leur rôle d’avant-garde, d’influence sur la société. Elles ne transcendent pas, lâche le sociologue Antoine Augustin accusant certaines (comme les intellectuels) d’avoir trahi leurs convictions et d’autres d’être sans idéologie ni appartenance de classe. 

Contrairement à Jacquenet Oxilus selon lequel l’intellectuel haïtien se doit de rester fidèle à son engagement, le professeur Auguste D’Meza le considère plutôt comme étant à la solde, au service des hommes politiques et des riches. Il cesse d’être, depuis la fin du 19e siècle, poursuit-il, cet éclaireur, cette voix des sans voix. Il fait fi de son mandat de transformer la société. Il se complaît  plutôt dans son embourgeoisement, son acculturation et son transfert de classe. 

Pour le professeur Antoine Augustin, la crise que vit le pays est totale ; elle est celle d’humanité et d’espérance. Il déplore l’indifférence de nos intellectuels face à cette situation, l’absence de repère et d’alternative à cette crise sociétale. Auguste D’Meza se veut plus tranchant dans sa critique de l’Etat qui, selon lui, n’existe pas. Loin de tempérer, le professeur D’Meza prédit sa disparition. 

Interpellé par cette crise permanente et la disparation imminente de l’Etat (optimisme l’oblige), le juriste Jacquenet Oxilus en appelle à un sauvetage national, au renouvellement des élites et à un réveil de conscience. Pour sa part, Auguste D’Meza invite les intellectuels à prendre des positions communes notamment face à cette situation de dégradation  à laquelle le pays est confronté. 
 

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une passion pour l'écriture
Journaliste de formation et de profession, Chenald Augustin a travaillé pendant sept ans au journal Le Matin où il était rédacteur au service culture. En juin 2010, il est entré au journal Le Nouvelliste, le pus ancien journal d’Haïti, pour le laisser deux ans plus tard....

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