« Le mieux, c’est d’éviter de tomber malade en Haïti »

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Le rapport de juin 2017, de la Direction des ressources humaines (DRH) du ministère de la Santé publique et de la Population sur la situation des ressources humaines de santé certifie qu’on ne progresse pas, qu’on fait du sur-place. Selon ce rapport, le s

Le rapport de juin 2017, de la Direction des ressources humaines (DRH) du ministère de la Santé publique et de la Population sur la situation des ressources humaines de santé certifie qu’on ne progresse pas, qu’on fait du sur-place. Selon ce rapport, le secteur santé disposait d’une main-d’œuvre de 23 171 employés. Dans cet effectif, 69 % travaille dans les établissements publics de santé. Le reste (31%) intervient dans le privé.
De ce nombre, on compte 7 021, soit 30% de médecins, d’infirmières et de sages-femmes pour la fourniture des soins maternels et infantiles. « Un pourcentage qui met en évidence une situation de pénurie en main-d’œuvre sanitaire essentielle », relate le rapport selon lequel il n’y a que 6, 3 professionnels de santé pour 10 000 habitants.
L’Organisation mondiale de la santé recommande pourtant un seuil minimum de 25 pour 10 000 habitants. Ce ratio calculé pour Haïti place le pays très en dessous du seuil de référence acceptable. Selon l'OMS, en dessous de cette norme minimale, il est difficile pour un pays d'avoir un système de santé performant.
Par ailleurs, il y a une grande disparité dans la répartition des ressources humaines. La plupart de ces ressources sont concentrées dans le département de l’Ouest. Dans cette région, le ratio personnel de santé essentiel pour 10 000 habitants est de 9.2, quoique encore faible. Dans le reste du pays, le Nord-Ouest et le Centre, avec des ratios respectifs de 2.6 et 3.0 pour 10 000 habitants sont les départements les moins pourvus. Par contre, le Nord, le Nord-Est et le Sud demeurent, après l’Ouest, les départements les plus favorisés.
Quoique quatre facultés de médecine forment nos médecins, sans compter ceux formés à l’étranger, depuis quelque temps, l’intégration de nouveau personnel de santé dans le système s’avère un exercice difficile. A en croire le Dr Roosevelt, qui ne se fie pas totalement à ces chiffres, les médecins préfèrent quitter le pays. « Le salaire qu’on offre ne correspond pas », a-t-il dit. Dans une interview accordée au journal en 2014, la ministre de la Santé publique d’alors, le Dr Florence Duperval Guillaume, avait évoqué cet état de fait.
Les trois hôpitaux communautaires de référence construits grâce à la coopération tripartite (Brésil-Haïti-Cuba) avaient du plomb dans les ailes pour fonctionner à cause d’une carence de personnel médical. Plus de trois ans après son inauguration, l’hôpital Communauté de Bon-Repos fonctionne toujours avec un personnel réduit. « Au total, nous avons une trentaine de travailleurs médicaux, dont un seul orthopédiste. Ce n’est pas suffisant », a expliqué le Dr Macmy St Hilaire, directeur de cet hopital rebaptisé hôpital Zilda. Avant même son inauguration, le MSPP avait assuré que 212 personnels médicaux, paramédicaux, administratifs et de support ont été embauchés. Mais c’était purement faux.
« Il faut faire mieux en 2018 pour améliorer cet indicateur », a souhaité le Dr Roosevelt, joint par le journal. Mais il n’y a que ce défi à révéler en 2018. L’indicateur de la disponibilité de lits des hôpitaux est au rouge. « On comptait pour tout le pays 7 375 lits pour une population totale de 10 745 665 habitants, soit environ 7 lits pour 10 000 personnes », rapportent les statistiques de 2016 selon les chiffres de 2014 qui sont tirés du dernier rapport sur l’évaluation de la prestation des services de soins de santé et renseignent sur l’accès de la population aux services d’hospitalisation. Une opération d’actualisation est en cours.
Les départements de l’Ouest et du Centre avec des ratios respectifs de 9.14 et de 8.40 lits pour 10 000 habitants sont les régions du pays qui disposent des plus grandes capacités d’hospitalisation des malades. Dans les autres départements, la capacité d’accueil est plus faible et varie de 3.25 dans le Nord-Est à 7.59 dans le Sud. Le nombre de lits d’hôpitaux dans un pays se révèle être un indicateur clé démontrant le niveau de disponibilité des services hospitaliers.
Tout compte fait, le Dr Macmy St Hilaire croit qu’il est « mieux d’éviter de tomber malade en Haïti. »
Edrid St Juste source Le Nouvelliste