Nouvelle manifestation violente de policiers après la décapitation de leur syndicat autoproclamé par le CSPN

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Plusieurs centaines de personnes, dont des policiers, des motards, des hommes armés et encagoulés ont manifesté dans les rues de Delmas, de Port-au-Prince et à la lisière de Pétion-Ville, mercredi 19 février 2020.

Les manifestants ont tiré en l’air sur leur parcours, saisi les clés de voitures privées pour en faire des barrages, endommagé des véhicules immatriculés Service de l’Etat, incendié des voitures et des chars carnavalesques garés au stade Sylvio Cator, vingt-quatre heures après les déclarations et décisions du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), présidé par le Premier ministre Jean Michel Lapin, à l'encontre de certains policiers. 

« Si Jovenel réalise le carnaval on lui offrira de l’argent » ; « Pa manyen lapolis la w a boule » ; « Viv Yanick, aba Jovenel », ont scandé les manifestants bien organisés dans une ambiance qui a semé la peur sur leur passage à une heure de pointe, après la sortie de bureau dans la région métropolitaine. Sur leur parcours, des curieux ont sympathisé avec la troupe.

Les manifestants ont multiplié les tirs au Champ de Mars. Sur place, des reporters n’ont pas signalé d’accrochages particuliers entre les manifestants ni avec des éléments de la police anti-émeute, de la police administrative ou avec les militaires assurant la sécurité du quartier général des FAD’H. Quelques manifestants ont couvert d’insultes l’armée et exprimé leur préférence pour la PNH.

Des manifestants ont tiré non loin de l’entrée est du palais national, à proximité du Bureau national d’ethnologie et ont emprunté sans accrochage la rue Oswald Durand jusqu’au stade Sylvio Cator où étaient garés des chars en préparation pour le défilé carnavalesque prévu ce dimanche. Plusieurs chars ont été incendiés.  

Sur tout leur parcours, dans leur propos, les manifestants ont lancé des propos hostiles au président Jovenel Moïse, au Premier ministre a.i Jean Michel Lapin et  au directeur général a.i de la PNH, Normil Rameau. 

Certains manifestants ont annoncé l’intensification de ce mouvement si la policière Yanick Joseph n’est pas réintégrée dans ses fonctions et si le président Jovenel Moïse ne quitte pas le pouvoir.

Ces événements se sont produits 24 heures après que le CSPN ait affiche muscles et cohésion du commandement de la police, décapité le syndicat autoproclamé de la PNH, dénoncé des comportements séditieux et imputé aux mains expertes des ennemis de la démocratie les agissements des policiers à l’IGPNH le 7 février et 17 février.

« Le gouvernement de la République a observé avec consternation que des policiers se réclamant d’un syndicat autoproclamé, accompagnés d’individus encagoulés, en marge de leurs revendications, le lundi 17 février 2020, ont attaqué la direction générale de la Police nationale d’Haïti, puis ont mis le feu aux stands dressés dans l’aire du Champ de Mars en préparation du carnaval », avait  indiqué un communiqué du Premier ministre a.i. Jean Michel Lapin qui, à côté des condamnations, affirme entrevoir « les mains expertes des ennemis de la liberté et de la démocratie ».

« Ces actes barbares, illégaux, inadmissibles et indignes du policier viennent rappeler la violence aveugle des extrémistes et des terroristes qui se cachent derrière des revendications pour semer le trouble et le chaos. Ils laissent entrevoir les mains expertes des ennemis de la liberté et de la démocratie qui profitent des moindres occasions et défaillances pour s’attaquer aux institutions de la République », avait soutenu ce communiqué du Premier ministre qui avait aussi prévenu que les « auteurs, coauteurs et complices doivent s’assumer pour y répondre tant administrativement que judiciairement ».

Au cours de la manifestation, des personnes non identifiées ont attaqué le cabinet de Me Samuel Madistin, ex-sénateur, l’un des responsables de la Fondation Je Klere qui avait mis en garde contre les conséquences néfastes de la mise en place d’un syndicat en dehors de la loi et dans le désordre au sein de la Police nationale d’Haïti. « Me Madistin est en sécurité. Il est hors de danger », a confié au journal Marie Yolène Gilles qui attendait une évaluation avant de s’exprimer sur les dégâts provoqués par cette attaque.

Sur son compte Facebook, la radio télévision Caraïbes a posté la photo d’une cinquantaine de clefs de véhicules déposées en ses locaux par des manifestants.

Des affiches partagées sur les réseaux indiquent que ces policiers planifient de manifester dimanche. Ils se rendront à l’IGPNH pour obtenir les lettres de révocation des cinq policiers poussés hors de l’institution par le CSPN.

source Nouvelliste

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