Manifestation: la PNH montre ses muscles et empêche à la foule d’atteindre la résidence du président Moïse

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Manif du 11 Oct 2019 - photo courtoisie nouvelliste

La Police nationale d’Haïti a sorti les grands moyens pour empêcher à des milliers de manifestants d’atteindre Pèlérin 5, le quartier où habite le président Jovenel Moïse. Les différents leaders de l’opposition, réunis au sein de l’Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti, avaient appelé les manifestants, venus de plusieurs points de la zone métropolitaine, à converger vers Pétion-Ville pour ensuite se rendre chez le chef de l’Etat dont ils exigent la démission. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canon à eau alors que des manifestants ont tenté de forcer un barrage établi non loin de la place Saint-Pierre, à l’entrée de la route principale qui mène à Pélérin et ses environs. Des manifestants ont pour leur part lancé des pierres et des tessons de bouteilles en direction des forces de l’ordre.

Plusieurs attroupements ont ainsi été dispersés par les agents de la police anti-émeute. Nenèl Cassy, sénateur de l’opposition, s’est insurgé contre les interventions des forces de l’ordre. « Il y avait une foule pacifique qui discutait calmement avec les agents. La foule voulait que la police respecte le parcours qui lui a été notifiée suivant la Constitution. Il ne peut y avoir de zone interdite pour les manifestations », a-t-il dénoncé.

Volcy Assad a, pour sa part, critiqué l’attitude de la police qui a « réprimé violemment une foule qui manifestait pacifiquement à Pétion-Ville ». 

Le sénateur du Sud-Est, Ricard Pierre, qui prenait part à la manifestation, a justifié le choix de se rendre chez Jovenel Moïse ce vendredi. « Le peuple réclame sa démission mais il est en cavale. Nous allons donc à sa rencontre. Le peuple en a marre de Jovenel Moïse parce qu’il institue un régime de corruption, qui orchestre des massacres et finance les gangs armés. Aujourd’hui, le peuple dit que c’est assez », a-t-il dit. 

Avant les tensions à Pétion-Ville, manifestants et riverains se sont affrontés avec des pierres et des tessons de bouteilles au niveau de Delmas 66. Une journaliste photographe d’Associated press (AP), Rebecca Blackwell, est sortie blessée au cours de ces échauffourées. La police a dû intervenir pour tenter de calmer la situation dans cette zone. 

A Pétion-Ville, les affrontements entre manifestants et policiers se sont poursuivis durant tout l’après-midi au niveau de Pétion-Ville. Certains manifestants s’en sont pris à des entreprises et d’autres bâtiments de la commune. Ils ont tenté de mettre le feu sur une façade de Kinam Hôtel. Les manifestants ont tenté à plusieurs reprises de forcer le barrage imposé par la PNH. André Michel, l’un des leaders de l’opposition, a dénoncé l’attitude des policiers et laissé entendre que la manifestation allait se poursuivre jusqu’à très tard dans la soirée. « Nous tenons à la notification qui a été envoyée à la police. Celle-ci stipule que la manifestation de ce vendredi devait terminer à 11h45 p.m. à Pèlérin 5. La police n’a pas le choix. Elle doit respecter la notification. Nous demandons à la population de rester dans les rues », a déclaré André Michel aux environs de 5h PM.

Des manifestations ont également eu lieu à Saint-Marc, à Miragoâne, aux Cayes, à l’Arcahaie, à Jérémie, etc. Un adolescent a été tué par balle à Saint-Marc. Selon les témoins, la victime a été tuée au cours d’un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Les manifestants ont accusé les agents de la BLTS d’avoir tiré à hauteur d’homme sur la foule. Des blessés dans les rangs de la police et dans le camp des manifestants ont été admis à l’hôpital Saint-Nicolas. En colère, les manifestants ont saccagé plusieurs entreprises ou institutions de la ville, notamment une succursale de la Banque nationale de crédit (BNC).

À Jérémie ce vendredi, plusieurs centaines de protestataires ont également foulé le macadam pour exiger la démission du président Jovenel Moïse, pour une quatrième semaine consécutive.

En fin d'après-midi, les manifestants ont tenté d'incendier une maison voisine de la succursale de la Unibank, à la rue Mgr. Beaugé. Le service de pompiers a eu le temps de réagir pour empêcher les dégâts. La police a quant à elle fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Des heurts ont éclaté entre manifestants et policiers. Des rafales d'armes automatiques ont été entendues au centre-ville.

À Miragoâne des centaines de manifestants ont également gagné les rues pour exiger la démission du président Jovenel Moïse. Sous un soleil de plomb, les manifestants ont fait le tour du centre-ville dans une ambiance de carnaval. C’est la sixième manifestation organisée dans le chef-lieu du département des nippes et les revendications restent inchangées: le président de la République doit quitter le Palais national.

Des manifestants ont lancé des pierres en direction des locaux de la Direction départementale des Nippes du ministère de l’Economie et des Finances, cassant les vitres des fenêtres du bâtiment dont ils avaient verrouillé la barrière principale lors d’une des précédentes manifestations. Les activités étaient paralysées une nouvelle fois dans le chef-lieu du département des Nippes. Les portes des établissements sont restées fermées.

Aux Cayes, pour une énième fois, ce vendredi, des centaines de personnes ont investi le macadam pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse. Le commerce n'a pas fonctionné et le transport en commun était au ralenti. Dans le cadre de la mobilisation visant à renverser le président Jovenel Moïse, on a déjà recensé au moins 3 mort et plus d'une dizaine blessés aux Cayes.

Tous les services sont suspendus temporairement à l'hôpital général des Cayes, le plus grand centre hospitalier public du département du Sud. Cette décision est survenue suite aux actes de vandalisme, de violence et de pressions exercées sur le personnel médical par des individus dans le cadre des mouvements de protestation contre le président Jovenel Moïse. Les autres hôpitaux privés de la place sont en proie à d’énormes difficultés dues à la rareté de carburants et d'intrants.

Cap-Haïtien a connu aussi une nouvelle journée d'agitation. Les protestataires se sont rassemblés à la mi-journée au rond point Samarie avant de se rendre à Vertières et au centre-ville du Cap-Haïtien. Arrivés au centre-ville, les manifestants ont tenté de faire irruption dans le quartier résidentiel de Carrenage. La police a dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui ont riposté par des jets de pierres.

Depuis le début des protestations, les responsables de la PNH craignent que ces entreprises ne soient pas la cible des protestataires.

Trois grands rassemblements de l'opposition locale ont marqué cette semaine au Cap-Haïtien où les activités fonctionnent au ralenti.

Jean Daniel Senat source Le Nouvelliste

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