Grand retard et petites manœuvres pour trouver un gouvernement

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Jovenel Moise - President de la Republique

Vendredi 19 juillet, une semaine après avoir annoncé des « compromis » pour ne pas donner « d’excuses » au refus de l’opposition et du Parlement de jouer leur partition dans la mise en place d’un nouveau gouvernement, le président Jovenel Moïse et les présidents des deux chambres n’ont toujours pas prévu de consultation pour s'entendre sur le choix d’un Premier ministre ou pour faire repasser Jean Michel Lapin devant le Sénat, a appris le journal.

«  Les cartes changent rapidement, mais le Premier ministre Lapin a la confiance du président », a assuré, vendredi en fin d’après-midi, une source du Palais national.

  « Le président veut discuter mais l’opposition radicale ne veut pas. Le président ne veut pas prendre de décisions hâtives parce qu’il sait que nommer un cabinet qui n’aide pas à ramener la paix peut avoir une issue fatale », a poursuivi cette source du Palais national.

Entre-temps, le journal a appris d’autres sources bien informées que « le président Jovenel Moïse a rencontré deux personnalités, un homme et une femme qui ont déjà servi l'État à des postes ministériels, pour leur proposer de devenir chef de gouvernement si la candidature Lapin tombe à l'eau ».

En dépit des rencontres du président pour monter un nouveau gouvernement, ceux qui croient qu’il est en train de manœuvrer, de jouer la montre jusqu’à la caducité du Parlement afin d’avoir les coudées franches, tendent à augmenter, selon des sources interrogées par le journal.             

«  Pour corser un peu plus la situation, le Premier ministre Lapin ne compte pas s'effacer sans un vote de rejet de sa politique générale par le Parlement. Jean-Michel Lapin a même obtenu le renvoi de la majorité des ministres de son cabinet pour monter une toute nouvelle équipe.

Le président Jovenel Moïse cherche de son côté à trouver des personnalités qui ne sont pas réputées proches de lui pour un vrai plan B », a expliqué au journal l’une de nos sources.         

«  Si le président essaie d'attendre le deuxième lundi de septembre pour se débarrasser du Parlement, de ses alliés, cela peut déboucher sur quelque chose de violent », craint cependant cette source.

Au Bicentenaire, souffle un vent de fin règne qui charrie de  l’angoisse pour les députés et une dizaine de sénateurs qui ont vu tarir toutes les ressources.

«  Jovenel Moïse feint d’écouter. Il est en réalité un entêté. Il veut jouer à la Préval mais ne se rend pas compte que les réalités sont différentes. Ses alliés déçus disposent toujours d’une dernière cartouche, sa mise en accusation », a analysé un député qui souligne n’être pas un fan du Secteur démocratique et de l’aile dure de l’opposition qui, au fond, ne sont pas des saints ni des paragons de vertus. Le président profite du répit actuel pour faire ses manœuvres parce que des gens du secteur privé ne financent plus la rue et veulent revenir en force avec un nouveau Premier ministre qui n’est pas Jean Michel Lapin. 

Ils veulent rééditer l’épisode Céant. Mais connaissant le président, sa nature méfiante, il n’acceptera jamais qu’on lui fasse de l’ombre. D’autant que les deux personnalités avec qui il a discuté sont réputées supportées par les Américains et disposent de réseaux au sein du secteur privé, a analysé ce député.                            

Le journal a aussi appris que le Premier ministre Jean-Michel Lapin serait imperméable à des demandes en espèces sonnantes et trébuchantes de certains parlementaires. Cela le coupe de toutes les bases et ce n'est pas un hasard si aucun groupe parlementaire ne le supporte. 

« Chaque jour que les politiciens passent à se battre au détriment de ce qui compte pour le peuple- opportunité, sécurité, règne du droit, bonne gouvernance- est un jour de trop. J’ai assumé ma responsabilité pour cela. Il est temps que les autres fassent de même. Je travaille jour et nuit à la résolution de la crise actuelle. Cela veut dire que j'ai tout essayé pour amener tous les groupes au travail et trouver une issue en dépit de l’acrimonie des désaccords », avait indiqué le président Jovenel Moïse vendredi dernier dans une tribune publiée dans le Miami Herald. Il avait souligné « qu’il n’y a plus d’excuses pour ne pas mettre en place un gouvernement ». 

Une semaine plus tard, on attend toujours les annonces du Palais national pour sortir le pays de la crise de l'après-Jean-Henry Céant. 

source Le Nouvelliste

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