Accord entre opposants et société civile pour organiser la transition

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Les partis politiques et groupes de la société civile d’Haïti, qui réclament la démission du président Jovenel Moïse, sont parvenus samedi soir à un accord pour organiser la transition politique

Les partis politiques et groupes de la société civile d’Haïti, qui réclament la démission du président Jovenel Moïse, sont parvenus samedi soir à un accord pour organiser la transition politique, deux mois après le début des manifestations parfois violentes à travers le pays.

Après deux jours de discussions parfois houleuses dans un hôtel de la capitale, les opposants au président de la République se sont accordés pour choisir son successeur parmi les juges de la Cour de cassation et le prochain premier ministre au sein des partis de l’opposition.  

« Nous avons trouvé une entente, nous avons trouvé un consensus. Maintenant, nous disons à Jovenel de tourner les talons parce qu’aujourd’hui les Haïtiens ont montré qu’ils sont adultes », a déclaré Youri Latortue, sénateur de l’opposition, à l’issue des négociations.  

Aucun calendrier n’a été précisé samedi soir quant à la concrétisation de cet accord, mais l’organisation citoyenne Passerelle, qui a facilité la réunion des opposants, a indiqué que les deux jours de négociations ont abouti à l’établissement d’une feuille de route que devra suivre le couple exécutif esquissé par l’accord.  

 

Parmi la vingtaine de groupes politiques et citoyens représentés, seul le parti Fanmi Lavalas de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide n’a pas signé l’accord, émettant des réserves, sans fournir plus de détails.  

« Ça ne va pas changer du jour au lendemain, mais il est évident qu’aujourd’hui, c’est une avancée significative et qui prouve à tout le monde que l’on est capable de s’asseoir et de trouver ensemble des formules qui nous permettent d’avancer », a également salué Bernard Craan, membre du collectif Passerelle.

Face à une classe politique très émiettée et souvent peu encline au consensus, l’homme d’affaires veut éviter tout risque d’intervention internationale, comme ce fut le cas par le passé lors de précédents régimes de transition politique.

« Cette solution haïtienne sera loin d’être parfaite, on aura besoin de l’assistance internationale, mais pas de l’intervention internationale, pas de l’ingérence de l’international », a souligné à l’AFP M. Craan.

Selon l’ONU, au moins 42 personnes sont mortes depuis mi-septembre dans des manifestations organisées dans les principales villes en Haïti pour exiger la démission du président, un mouvement paralysant les activités économiques du pays.

Depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, l’histoire du pays est caractérisée par l’instabilité politique qui entrave son développement économique.  

Au cours des trois dernières décennies, seul un président démocratiquement élu, René Préval, a pu achever ses mandats tout en transmettant le pouvoir à un successeur élu au suffrage universel.

AFP

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