17 morts en deux jours, nos routes tuent plus que les armes à feu.

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Dr. Garnel Michel

101 victimes dont 17 morts, et 84 blessés-es, c'est le bilan de 21 accidents de la voie publique pour le week-end du 26 au 28 avril. Des chiffres alarmants qui rendent compte d'un vrai mal qui tue en silence.

En seulement deux jours ( samedi 27 et dimanche 28 avril), 17 personnes ont été tuées dans des accidents de la route. Ce chiffre est un peu l'équivalent des pertes en vies humaines enregistrées pendant la semaine pascale au cours de laquelle, 16 âmes ont été emportées dans des circonstances similaires. Les périodes de fêtes accusent généralement une recrudescence des cas d'accident.

Si les bandits et les gangs armés font peur, les routes en Haiti sont des tueuses silencieuses. Selon l'organisation STOP Accidents, 101 personnes en sont victimes, dont 84 blessés-es graves. Ces drames se sont produits dans les zones comme Haut Moustique, Titanyen, Baryè Batan, Delmas 33, Arcahaie, Léogane, Petit-Goave entre autres. Les causes des accidents en Haiti sont multiples et sont connues de tous. La mauvaise condition des routes, construites sans prendre en compte les normes standards, le dysfonctionnement du service d'inspection des véhicules mais aussi le mauvais comportement des usagers de la route en Haiti, relève l'organisation Stop Accident.

“Nous avons beaucoup de routes non-achevées. Nous en avons d'autres qui sont mal construites, souvent pour des motifs de corruption. C'est un fait. La majorité des accidents est causée par l'état piteux de nos routes”, déplore le docteur Garnel Michel, consultant pour l'organisation Stop Accident. Il intervenait à l'émission L'Invité du Midi ce 29 avril, sur les causes des accidents qui tuent plus que les armes à feu.

L'insécurité routière continue d'interpeller l'organisation, qui fait régulièrement le bilan des accidents. Selon le docteur Michel, aucune route en Haiti ne répond aux normes et exigences internationales, entre absence de trottoirs, marquages et signalisations défectueux.

L'état des véhicules est un facteur à prendre en compte dans cette tentative de compréhension du phénomène. En effet, selon le constat de Stop Accident, il n'existe aucun contrôle à ce niveau. “Depuis la conception des voitures, les fabricants font des ajustements en fonction des espaces où ces véhicules sont destinés à être utilisés. Ce sont des dispositions de sécurité routière”, explique le médecin. Cependant, nous avons moins de 500 policiers pour tout le pays à la direction de la circulation et de la police routière, DCPR. Ce service est quasi inexistant, alors que la vie de plusieurs centaines de personnes sont exposées à toute sorte de tragédie tous les jours dans le transport public comme en privé.

“J'ai parlé récemment à un policier de la DCPR qui dit ne pas se souvenir de la dernière fois qu'une inspection systématique a été réalisée”, regrette docteur Garnel Michel.

Les conditions de livraison des permis de conduire, les motocyclettes et les motards qui colonisent les voies publiques, Stop Accident fustige l'Etat haïtien, le premier coupable de cette grande anarchie. Par ailleurs, le consultant pointe aussi du doigt la négligence et le comportement des propriétaires de voiture et des passagers. Ces facteurs combinés, provoquent le deuil tous les jours dans plusieurs régions du pays.

Entre le 8 et le 10 mars dernier, Stop Accident avait dénombré 8 morts et 79 blessés graves causés par 21 accidents de la circulation. L'insécurité routière est une problématique transversale et devrait être adressée comme une grande préoccupation. Le docteur Garnier appelle les autorités directement concernées par la question de la circulation à une prise de responsabilité pour éviter que les routes soient des tombes à ciel ouvert.
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Journaliste ( radio et presse écrite) depuis 2008. A étudié la sociologie à la Faculté des Sciences Humaines de l’UEH. 

Rédacteur en chef du programme Enfòmasyon Nou Dwe Konnen, ENDK / Internews Europe en 2012, rédacteur à Ticket Magazine / Le Nouvelliste jusqu’en 2018. Assistant à l’édition et...

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