Sans Frontières: la guerre Iran-États-Unis

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Trump / Ruhani cc CNN

La mort brutale le 3 janvier de Qassem Soleimani, le général en chef des forces Al Qods qui est l'unité d'élite des gardiens de la révolution iranienne a provoqué un électrochoc dans la zone Moyen-Orientale, et en Iran en particulier. D'interprétation diverses, le politologue Fernando ESTIMÉ pour sa part, lors d'une édition spéciale de Sans Frontières sur la Radio Télévision Caraïbes, Chaîne 22, consacrée à ce pan de l'actualité internationale en ce début d'année, a livré ses analyses sur la situation et a tiré une conclusion: il y a l'existence d'une guerre entre l'Iran et les États-Unis.

" Le fait pour un pays de reconnaître avoir tué le général de l'armée d'un autre pays", renvoie au schéma classique d'une guerre entre ces derniers, a laissé entendre Fernando ESTIMÉ. 

L'assassinat à Bagdad du général Qassem Soleimani par une frappe chirurgicale de l'armée américaine, qui a entre autres, suscité de vives réactions des autorités iraniennes souhaitant prendre leur vengeance, et lancent quelques jours plus tard une vingtaine de missiles sur une base militaire en Irak abritant des soldats américains, marque une nouvelle épisode dans les relations complexes entre les deux pays. Car  " il y a une guerre entre les États-Unis et l'Iran depuis quarante ans. Guerre tantôt de basse intensité qui se fait soit par des proxies, soit par des alliés interposés" a martelé M. ESTIMÉ.  

Relations Iran-États-Unis

Après avoir passé en revue succinctement l'histoire de l'actuelle République Islamique d'Iran, qui est un pays multimillénaire en citant brièvement quelques personnages phares qui ont participé dans la fondation de ce pays tels que: Cyrus Le Grand, Darius Le Grand et consort, M. ESTIMÉ a montré aussi que les pays occidentaux au début du XXè siècle, notamment le Royaume-Uni avait une grande influence en Iran, et agissait donc comme bon lui semble, à travers surtout cette compagnie qui exploitait le pétrole en Iran:  "Anglo-iranian Oil". 

Tout va s'arrêter avec l'arrivée au pouvoir du Premier Ministre Mohammad Mossadegh en 1950 en Iran, a-t-il souligné. Populaire à l'époque, Mossadegh a décidé de nationaliser la compagnie "Anglo-Iranian Oil" pour que la richesse de son pays ne soit plus exploitée par les britanniques. Ayant frappé de plein fouet par cette décision portant atteinte à leurs intérêts, les services secrets américains et britanniques ont orchestré un coup d'État en Iran qui a vu la chute du Premier Ministre Mossadegh et l'érection de Reza Chah Pahlavi au pouvoir. Mécontent, " le peuple iranien se rappelle toujours de cet agissement occidental contre ce dirigeant qui mettait en avant les intérêts iraniens", a déclaré Fernando ESTIMÉ.

En 1979, alors que Reza Chah Pahlavi s'apprêtait à commémorer les 2500 ans de la Persepolis, la population iranienne avait descendu dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol. Et, Reza Chah Pahlavi était éjecté du pouvoir sous les pressions de ces mouvements populaires.  L'heure étant propice à la révolution, l'exilé l'Ayatollah Khomeiny a fait sa rentrée en Iran sous l'impulsion de ses partisans, pour réaliser la révolution iranienne: une révolution anti-occidentale", a expliqué M. ESTIMÉ. 

En Avril 1979, un incident majeur s'est produit. " Des partisans de la révolution ont envahi l'ambassade américaine à Téhéran. De ce mouvement, il y a eu la prise d'otages d'environ 52 diplomates américains pendant près de 400 jours. Depuis, les deux pays sont techniquement en guerre", a martelé le politologue. 

Pour l'instant, paix improbable entre les deux États

Les autorités iraniennes après avoir fait la révolution islamique, elles ont tenté d'exporter cette dernière à travers le monde. Elles ont demandé aux minorités chiites de soulever contre des gouvernements en place et ont encouragé la création d'un parti politique au Liban, le Hezbollah, qui dispose aussi d'une milice considérée par les américains comme un groupe terroriste, a rappelé Fernando ESTIMÉ. 

A en croire les propos de Fernando ESTIMÉ, trois faits majeurs vont creuser davantage le fossé entre les États-Unis et l'Iran au début de ce siècle: l'invasion des américains en Irak en 2003 sous l'obédience du président Georges Walker BUSH, le développement du complexe militaro-industriel de Téhéran dans le domaine nucléaire et la guerre civile syrienne débutée en 2011. 

Car à majorité chiite, "la chute de Saddam Hussein en Irak a permis dans un premier temps, l'émergence de l'Ayatollah Ali Sistani qui est le chef des religieux chiites, celui qui a passé pratiquement tout son exile en Iran et même Moqtada Al Sadr, le chef de l'armée du Mehdi, quand il était en conflit avec les américains, il s'est allé réfugier à Qoms en Iran. 

Dans un second temps, au plus fort de la crise syrienne, Bachar Al Assad qui, lui est issu d'une famille alaouite, une branche dérivée du chiisme, après avoir fait alliance avec la minorité chrétienne en Syrie pour faire front commun, notamment face l'armée syrienne libre, l'État Islamique et Al Qaïda, a sollicité le support de l'Iran qui a répondu favorablement. De fait, grâce à l'appui de Téhéran qui a pu réaliser ce que M. ESTIMÉ appelle le "croissant chiite" en mobilisant dans le même temps le Hezbollah libanais, Bachar Al Assad a pu reprendre le contrôle de Damas. Ce qui a donc inquiété les alliés occidentaux (américains) dans la région, puisqu'ils sont pour la plupart soit des monarchies sunnites ayant leurs intérêts stratégiques placés là où elles sont minoritaires, soit des monarchies à majorité chiite, dirigées par des grandes familles sunnites, a expliqué Fernando ESTIMÉ.

Dans un troisième temps, au tournant des années 2004 et 2005 sous la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les recherches ont révélé que l'Iran, par ses travaux croissants dans le domaine nucléaire, cherche a développé l'arme nucléaire, a souligné M. ESTIMÉ. Mahmoud Ahmadinejad en plus des déclarations choquantes aux yeux des américains qu'il a l'habitude d'émettre, a déclaré une fois, "il faut rayer Israël de la carte" a-t-il mentionné. 

Du coup, Les occidentaux ont pris des sanctions contre l'Iran pour l'amener à table des négociations afin de trouver un Accord. Sous l'encadrement de l'AIEA, en 2015 les cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et l'Allemagne ont discuté avec les autorités iraniennes et ils ont trouvé un Accord connu sous l'appellation: Accord sur le nucléaire iranien. Cet Accord établit un ensemble de mécanismes de contrôle sur l'enrichissement de l'uranium en Iran. Pour honorer sa promesse de campagne, l'actuel président américain Donald TRUMP a décidé de se retirer de l'accord en 2017 et a donc lancé une politique baptisée "pression maximum" pour asphyxier le régime iranien.

L'Iran qui s'est déjà taillée une place importante au Moyen-Orient, " a renforcé sa présence en Irak avec le Kataeb Hezbollah et les différentes milices qu'elle dispose dans la région. Elle a renforcé aussi sa présence au Yémen avec les rebelles houthis. Et il y avait un personnage important à la manoeuvre: le général Qassem Soleimani que les américains ont exécuté à Bagdad au début de l'année disant qu'ils ont éliminé un terroriste. Alors que pour les iraniens, il s'agit de l'exécution d'un héros de guerre", a déclaré Fernando ESTIMÉ.

Recours à la loi du talion

Par ses brillantes réalisations notamment lors de la guerre Iran-Irak en 1980 là où il a fait ses premières armes et  à la tête des forces Al Qods, unité d'élite des gardiens de la révolution, " Qassem Soleimani est le soldat iranien le plus craint et plus respecté du Moyen-Orient. Il était un stratège et son nom faisait peur. Il était de facto le ministre des affaires étrangères pour les affaires Moyen-Orientales de la République Islamique d'Iran", a déclaré Fernando ESTIMÉ. 

Déclarant qu'ils vont prendre leur vengeance, outre le crash du Boeing 737 de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines à Téhéran faisant 176 morts, les autorités iraniennes laissent planer de vives inquiétudes quant à la suite des événements. Tout ce que l'on sait c'est qu'on est loin de la fin d'une spirale de tension entre les États-Unis et l'Iran, en raison du fait que les causes profondes de ce conflit demeurent et s'est installé aussi la haine et la méfiance dans les relations entre les deux États.

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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