Dénucléarisation de la Corée du Nord: Le rêve utopique de Donald Trump !

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Après plusieurs décennies de durs labeurs au niveau du complexe militaro-industriel nord-coréen, et ce malgré les impacts néfastes sur la population, la République Populaire et Démocratique de Corée du Nord est comptée une fois pour toute, dans le club des États disposant de l’arme nucléaire. En position de Force, cet État trouve « la respectabilité » qu’il cherchait depuis bien des temps dans la communauté internationale. Conscient de ce que représente l’arme nucléaire dans les rapports de force internationaux, Fernando ESTIMÉ, lors d’une édition spéciale de Sans Frontières sur la Corée du Nord, suite au Sommet de Hanoi entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un, qualifie l’idée de « la dénucléarisation de la Corée du Nord comme le rêve utopique » que nourrit le président Américain.

N’ayant pas la même lecture du concept de dénucléarisation, c’est en effet, une illusion de la part de Donald Trump de croire que la Corée du Nord va envisager sa dénucléarisation comme il l’entend lui-même, a martelé M. ESTIMÉ. Selon ce dernier, la raison est simple. « Le dirigeant nord-coréen considère son arsenal nucléaire comme la survie du régime ».  Faisant preuve de résistance face aux nombreuses sanctions économiques qui le touche en plein cœur de son développement, puisqu’il a été frappé par la famine à plusieurs reprises, le régime va camper sur sa position. C’est en ce sens que les dirigeants nord-coréens ont injecté tout ce dont ils disposent comme ressources dans la fabrication des armes. D’autant que la Corée du Nord « c’est un pays qui vit quasiment en autarcie, il n’a donc pas d’ouverture ». Et, le plus grand souci des dirigeants serait de pouvoir négocier d’égale à égale avec les pays que l’on considère comme les grandes puissances.

Malgré les efforts du président sud-coréen, Moon Jae In qui a mis tout son poids dans la balance pour que la Corée du Nord passe à la table de la négociation, puisqu’en cas d’escalade c’est surtout son pays qui, au premier chef paiera le lourd tribut, on est encore loin de la barre. En ce sens que lors du premier sommet qui a eu lieu à Singapour l’année dernière, la dénucléarisation de la péninsule était le principal point à l’ordre du jour et à l’issu de ce sommet Kim Jong Un avait donné des gages de bonne volonté en détruisant quelques sites de lancement de missiles que possédait son pays. Toutefois, à l’issu de ce deuxième sommet à la fin du mois de février de cette année, la multiplication des réactions des deux côtés, semble donner l’air qu’on est retourné à la case de départ, a constaté M. ESTIMÉ.

Répondant à une question d’un participant relative aux sources de financement du régime, en raison du fait que la fabrication de l’arme atomique est très couteuse, M. ESTIMÉ a répondu que « le régime est dans les tous les coups fourrés, allant du marché noir, à la contrebande, au trafic d’êtres humains (vente des femmes comme prostituées, esclaves sexuels), à la vente illicite d’arme. Il est aussi dans la fabrication des fausses monnaies, le dollar ». C’est surtout dans ces pratiques qu’il trouve les moyens pour financer son arsenal.

Toujours en réaction à une question sur un éventuel affrontement entre la Corée du Nord et les États-Unis d’Amérique et l’impact sur la présidentielle de 2020 de cette négociation qui semble au point mort, M. ESTIMÉ déclare que les rapports de force seront certainement défavorables à la Corée du Nord. Toutefois, il rappelle que ce n’est pas le scénario le plus probable, puisque les deux États n’ont pas intérêt à se livrer dans une telle aventure. Et, selon Fernando ESTIMÉ, les Américains votent généralement sur des questions de politiques intérieures, ils ne vont pas pour ou contre le président Donald Trump en raison de sa relation avec Kim Jong Un. Néanmoins, saurait été une belle victoire pour l’actuel président américain de parvenir à Accord, brillamment négocié avec le leader nord-coréen. 

Évoquant le concept de « l’équilibre de la terreur » qui a été utilisé lors de la guerre froide pour qualifier les rapports de force qui existaient à l’époque, avec le bloc de l’Ouest d’un côté ayant à sa tête les États-Unis, et le bloc de l’Est avec à sa tête, l’URSS, un participant a utilisé ce même concept pour décrire les relations entre la Corée du Nord et les États-Unis, par rapport à la rétention de ces dernières dans le paysage géopolitique et géostratégique mondial.

 

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Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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