Les autorités dominicaines répondent au HCR

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Les autorités dominicaines ont démenti les informations publiées par le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme indiquant « qu’une grande partie des personnes expulsées sont des Dominicains d’ascendance haïtienne, privées de leur nationalité suite à la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine en date du 23 septembre 2013 ». À cet effet, des dizaines de marchands de « Pequeňo Haiti » ont déclaré que cette information est fausse. L’information a été relayée dans les colonnes du quotidien dominicain « Listin diario » le jeudi 15 septembre 2016.
Les autorités de la République dominicaine passent à l’offensive. Près de soixantedouze heures après avoir refusé l’accès au personnel du Hautcommissariat des Nations unies pour les droits de l’homme, les dirigeants dominicains répondent à l’organisme onusien. Le HCR voulait en effet assurer la supervision du processus d’expulsion des immigrés haïtiens en situation irrégulière, estimant qu’une grande partie des personnes expulsées de la République voisine sont d’origine haïtienne et avaient été privées de leur nationalité suite à la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine le 23 septembre 2013. Selon les autorités dominicaines, la diffusion de cette information participe d’une accusation de l’instance onusienne portée à leur encontre.
Dans cette optique, les autorités dominicaines ont interrogé des dizaines de marchands de « Pequeňo Haiti ». Lesquels marchands ont fait savoir que cette information est fausse. Raquel Aristilde, vendeuse de fleurs depuis tantôt cinq ans, n’a pas mâché ses mots. Cette information de l’organisme onusien est tout à fait erronée. Pour corroborer ses dires, elle a fait remarquer qu’elle-même et sa fille vivent très bien en territoire voisin. « Je n’ai jamais entendu parler de ces nouvelles. Rien de pareil n’est arrivé à ma famille. Personne d’entre mes collègues ne m’en a parlé. Et je n’en ai jamais entendu parler non plus dans cette zone », lance-t-elle.
La marchande s’est montrée un tantinet prudente par rapport à la déclaration du Haut-commissariat des Nations unies. Elle a indiqué ne pas être au courant de cette information. Raquel a en outre déclaré ne pas avoir non plus vu les premiers cas de déportation. Elle a toutefois fait remarquer que cette vague de rapatriements ne se produit pas dans sa zone. « Si tel est le cas, c’est peut-être dans d’autres endroits », concède la commerçante. Dans la même veine, Miguel Vestius, un autre marchand de ladite zone, a lui aussi nié cette affaire d’expulsion des personnes d’origine haïtienne. « On n’enregistre ici aucun cas de déportation. Ma famille et mes amis n’en ont jamais entendu parler. » Dans la foulée, Miguelina, une marchande de vêtements usagés, a été sans équivoque. « Toutes ces déclarations ne sont que des mensonges. »
Le GARR confirme l’expulsion des personnes d’origine haïtienne
 La coordination du Groupe d’appui aux rapatriés pour les réfugiés (GARR) a été formelle. Des enfants d’ascendance haïtienne ont été expulsés dans le cadre de la déportation des personnes victimes de la décision de la Cour constitutionnelle dominicaine via l’arrêt 168-13 en date du 23 septembre 2013. Saint-Pierre Beaubrun a informé avoir enregistré environ 138 560 personnes chassées de la République voisine au niveau des différents points frontaliers durant la période allant d’août 2015 au 8 septembre 2016. Près de 14 % d’entre elles, soit 19 398 personnes, fait-il remarquer, sont des enfants nés de l’autre côté de l’île. N’étant pas encore majeurs, souligne-t-il, leurs père et mère ont été contraints de partir de la République dominicaine avec leur progéniture.
Avant l’intensification du rapatriement (août 2015), a poursuivi le coordonnateur du GARR, les autorités dominicaines avaient permis une période de retour volontaire à des compatriotes. De cette catégorie, les dirigeants dominicains avaient fait état de 65 000 personnes qui étaient rentrées volontairement au pays. Ce nombre, précise Saint-Pierre Beaubrun, n’a pas été pris en compte dans l’effectif précité.
À titre de rappel, il convient de souligner que cet article du quotidien Listin Diario a été rédigé suite au refus des autorités dominicaines de donner l’accès sur leur territoire au personnel du Haut-commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme. Le Haut-commissaire Zeid Ra’ad Al Hussein dit regretter que les autorités du côté oriental de l’île soient incapables de répondre à l’offre du HCR. Ce, en vue d’appuyer et de vérifier le processus et mécanisme d’expulsion des personnes vers Haïti.
Par ailleurs, M. Al Hussein se dit inquiet de ces déportations qui, affirmet- il, doivent se faire conformément au droit international. Il a fait cette déclaration lors du premier jour de la 33e session du Conseil des droits de l’homme tenue le lundi 12 septembre 2016 à Genève.
Reynold Aris source le National

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