Les festivals « Konpa » aident-ils à l’émancipation de ce genre musical ?

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D’une façon générale, les festivals haïtiens ne suffisent pas pour propulser le konpa dirèk, cette composante de la culture haïtienne,  au haut de l’échelle internationale.  D’ailleurs, les formats des festivals offerts ne répondent pas vraiment aux normes internationales. Un festival doit servir de plateforme à la vente de la culture d’un peuple avec tout ce qui la compose.  Une culture ne se limite pas seulement à la musique. Un festival international regroupe des orchestres de différentes cultures et tendances musicales. Mais un festival konpa, d’après la thématique choisie, doit être strictement en accord avec le titre. 
On s’attend toujours à un changement dans le choix des orchestres présentés à ce festival traditionnel. Il devient lassant quand ce sont les mêmes groupes qui partagent l’affiche et qui n’offrent que le traditionnel « men m ti bagay la ». De ce fait, les organisateurs encouragent et nourrissent la paresse des groupes musicaux, puisque bon nombre d’entre eux ne savent pas encore comment jouer en medley. Malgré l’évidence répétée d’une telle faiblesse, ils seront acceptés et reviendront l’an prochain sans améliorer ce qui doit l’être. Toutefois, il faut souligner que les organisateurs essaient d’innover en étendant cette joute culturelle sur deux jours, une innovation qu’on doit applaudir. 
Il faut bien que les responsables de cette grande manifestation corrigent les imperfections les plus remarquées de cette expression culturelle. Il serait intéressant d’offrir une matinée récréative où se défileront des groupes méconnus, émergents ou inconnus « underground bands ». Ne serait-il pas intéressant qu’on exhibe d’autres pans de la culture haïtienne au cours de ces activités, puisque tout se déroule autour du drapeau qui symbolise la fierté haïtienne ? On se garde  de parler de jeunes groupes, car il y en a qui, en âge chronologique, existent bien avant certaines formations qui bénéficient d’une grande popularité aujourd’hui.  
Le problème de gestion de temps et celui du nombre de participants aux festivals constituent les plus grands handicaps que les organisateurs  ne peuvent résoudre. Un grand défi à relever ! Chaque année, on fait les mêmes remarques et on adresse les mêmes reproches aux organisateurs de ce festival qui vient de boucler sa 19è édition.  Cette année, le long discours politique de Sweet Mickey et le temps de prestation qui lui a été alloué avaient bousculé l’horaire. Ce qui a eu pour effet que les groupes musicaux qui ont suivi immédiatement après sa prestation se trouvaient dans l’obligation de faire du marathon, une course contre la montre. 
Les mêmes causes produisant toujours les mêmes résultats dans les mêmes conditions, il faut que les organisateurs de ces festivités culturelles apprennent de leurs erreurs. Si les mêmes failles sont identifiées à chaque édition, on peut dire que l’objectif  n’a rien à voir avec la promotion du konpa dirèk, mais il est plutôt lié à autre chose. Les complaintes du grand public convergent dans le même sens. Le vent va certainement changer de direction (van an pral vire).  On ne dit pas que le premier sera le dernier, mais on est certain qu’il va avoir un remaniement inévitable au classement de la compétition. Il est inconcevable de considérer seulement quatre orchestres dans une industrie musicale quand il en existe une multitude.  C’est bien une preuve que quelque chose ne marche pas dans cette industrie.  
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