L’enseignant-chercheur haïtien Claude Joseph à l’Université Laval

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Claude Joseph

L’Université Laval a réuni, le 15 septembre 2018, un ensemble de conférenciers, notamment l’enseignant-chercheur haïtien Claude Joseph dans le cadre d’une conférence-débat sur les relations des Haïtiens de la diaspora avec les médias haïtiens basés en Haïti. L’initiative a été prise par le Centre d’Études interdisciplinaires sur les médias haïtiens (CEIMH) de concert avec l’Association des étudiants antillais de l’Université Laval (AEAU), l’Association haïtienne de Québec (AHQ), le Kolèg et la Chaire de recherche du Canada sur les dynamiques migratoires mondiales.

Sous le leadership de Wisnique Panier, doctorant en communication publique (Université Laval) et membre du Groupe de recherche sur les mutations en journalisme (GRMJ), cette causerie a accueilli d’autres personnalités, notamment Valéry Daudier, Clarens Renois, Farlène Thélisdore, Peggy Jean, Herwil Gaspard. Deux professeurs de l’Université Laval, François Demers et Jean Charron, ont pris également part à cette activité, supportée particulièrement par la Fondation connaissance et liberté (FOKAL) et le Journal le Nouvelliste, etc.

J’ai assisté à plusieurs interventions de qualité pendant cette journée de réflexion, mais j’ai été davantage épaté par la brillante intervention du Docteur Claude Joseph, professeur au Département de politique publique à University of Connecticut (l’une des 25 meilleures universités publiques des USA), passionné d’économie politique de l’aide étrangère, d’économie comportementale, d’évaluation des politiques, d’administration publique comparée, de comportement politique, de participation citoyenne, de gestion de la démocratie des organisations publiques et de développement socio-économique. Intervenant sur le thème « La participation des Haïtiens de la diaspora dans le débat public haïtien et son impact sur les politiques publiques en Haïti », Claude a, d’entrée de jeu, capté l’attention des participants et participantes à la conférence. Cela se comprend, vu ses expériences diversifiées en enseignement et recherche dans plusieurs collèges et universités aux USA, notamment à l’Université Fordham, au Collège Lehman, à LIU Brooklyn et à la FIT de l’Université d’État de New-York. Lors des échanges, il a utilisé une approche pédagogique très novatrice basée sur le public. Dans un langage clair, il a essayé d’analyser l’efficacité de l’activisme en ligne comme nouvelle forme de participation citoyenne dans le système démocratique haïtien et, du coup, voir ce que représentent les réseaux sociaux pour les médias traditionnels. Il a apporté des éléments théoriques et pratiques aux enjeux liés à la participation des haïtiens de la diaspora dans l’espace public haïtien. Avec des arguments solides et chiffres à l’appui, il a mis en exergue le poids économique de la diaspora haïtienne et l’intérêt qu’a cette dernière à révolutionner ses stratégies en vue d’influencer les décisions politiques dans le contexte haïtien.

Cette conférence sur l’attachement des Haïtiens de la diaspora avec les médias de leur pays d’origine était une réussite. Cela a, du coup, montré comment l’espace médiatique haïtien n’est pas en dehors de la révolution numérique, redéfinissant de plus en plus l’orientation des différentes facettes du métier de journaliste et des pratiques démocratiques. En effet, comme l’a rappelé Wisnique Panier, « depuis l’arrivée de l’internet, le constat est que les principaux médias ont cherché à avoir une présence constante sur le web dans le but de conquérir un nouveau public, particulièrement un public transnational qui se trouve en dehors des frontières d’Haïti ». Quelles sont les aspirations de ce public transnational ? Comment comprendre l’intervention parfois immédiate de ce public sur les différents thèmes traités dans les médias, notamment dans les talk-shows ? Comment les médias haïtiens doivent-ils s’occuper de ce public dont le droit de vote ou d’occuper des postes électifs n’est pas encore respecté ? Ces questions et bien d’autres seront, selon les responsables, traitées par le Centre d’Études interdisciplinaires sur les médias haïtiens (CEIMH) dont les objectifs sont les suivants : réaliser des recherches scientifiques sur tous les aspects relatifs aux médias haïtiens en général ; créer un espace permanent de discussion et d’échange entre chercheurs, patrons de médias, journalistes, pouvoirs publics et société civile sur des thématiques liées au fonctionnement des médias haïtiens et sur leurs rôles dans le développement socioculturel, économique, politique et démocratique d’Haïti ; produire et mettre à la disposition de la communauté des chercheurs et du grand public une documentation scientifique spécifique sur les médias haïtiens ; effectuer une enquête annuelle sur les relations de confiance entre les médias haïtiens et leurs publics (Le Baromètre de confiance dans les médias haïtiens) ; enrichir la littérature scientifique sur les médias en mettant à profit les spécificités et le contexte sociopolitique et économique dans lequel évoluent les médias haïtiens ; offrir aux professionnels des médias haïtiens un encadrement scientifique approprié leur permettant de comprendre les différents problèmes auxquels ils confrontent dans le contexte du développement des technologies numériques, etc.

Fritz Laventure

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