Vives hostilités contre Michel Martelly, lors d’un défilé carnavalesque dans le Sud d’Haïti

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Le char de l’ancien président, Joseph Michel Martelly, de son nom d’artiste « Sweet Micky », aurait essuyé, à plusieurs reprises, des jets de pierres, lors d’un défilé carnavalesque, le dimanche 3 mars 2019, dans la ville des Cayes (Sud).

Seulement trois groupes musicaux Rock Fam, « Sweet Micky » et Klòch Lakou ont pris part à ce défilé carnavalesque, qui a rassemblé très peu de carnavalières et carnavaliers, indique à AlterRadio, le journaliste Vallince Georges.

Plusieurs personnes ont été blessées, lors de ces festivités, déroulées dans la troisième ville du pays, à environ 200 km au sud de Port-au-Prince.

Des citoyennes et citoyens n’ont pas fait le déplacement, par peur d’éventuels troubles.

D’autres ont préféré rester chez eux, ce dimanche 3 mars 2019, une façon, pour eux, de dénoncer l’indifférence des autorités face à la crise socio-économique du pays.

Le carnaval devrait être secondaire, par rapport aux différents besoins de la population, comme l’éducation, l’emploi et la sécurité alimentaire, estime le linguiste, Lemète Zéphyr, dans des déclarations à AlterPresse et AlterRadio.

« Il ne faut pas voir l’intérêt personnel, en dehors de l’intérêt collectif. Celles et ceux, qui ont l’habitude de gagner de l’argent, dans les événements carnavalesques, ne devraient pas se soucier uniquement de leurs intérêts, au détriment de la situation actuelle du pays », déclare-t-il.

En l’année 2018, le groupe « Sweet Micky » de l’ancien président Michel Martelly avait été retiré de la liste des formations musicales, devant participer au carnaval des Gonaïves (département de l’Artibonite, Nord), les vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 février.

Les propos de certains groupes musicaux « à caractère immoral, irrévérencieux », dont « Sweet Micky », sont contraires aux valeurs inculquées par la famille, les institutions spirituelles et morales pour éduquer nos enfants, avaient dénoncé plusieurs citoyennes et citoyens, dans une lettre, en date du 18 janvier 2018, adressée à l’administration communale des Gonaïves.

« Sweet Micky » avait été également interdit, en 2018, de participer au carnaval de Jacmel pour « son comportement immoral », après des consultations du Conseil municipal de la commune auprès de différents secteurs organisés de la principale ville du Sud-Est d’Haïti.

La période carnavalesque n’est pas « un moment de débauche, de violence, de vengeance, d’incitation à la débauche, encore moins d’infraction aux bonnes mœurs, d’ailleurs condamnées par les dispositions irritantes du code pénal haïtien », avait souligné une note pertinente de la municipalité de Jacmel, à l’occasion.

La municipalité de Jacmel a organisé son carnaval traditionnel, le dimanche 24 février 2019, en dépit des incertitudes.

Le carnaval national, qui devrait avoir lieu, les dimanche 3, lundi 4 et mardi 5 mars 2019, dans la ville des Gonaïves (Artibonite, Nord) a été annulé, à moins d’une semaine des dates officiellement prévues.

Pour leur part, les municipalités de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets (département de l’Ouest) avaient, bien avant, annulé leurs festivités carnavalesques, à cause de la grave situation socio-politique et économique, dans laquelle se trouve le pays.

Des mobilisations populaires, émaillées de violences, ont eu lieu, début février 2019, dans la capitale, Port-au-Prince, et dans plusieurs villes de provinces, en vue de réclamer le départ du président Jovenel Moïse, de dénoncer la misère et la corruption.

Les activités ont été globalement paralysées par ces mouvements de protestations anti-gouvernementales, organisés du jeudi 7 au lundi 18 février 2019, sur tout le territoire national en Haïti. 

Source Alter Presse

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