Les problèmes d’Haïti vus sous diverses facettes dans les méringues carnavalesques

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Plusieurs problèmes sociaux, notamment la corruption, occupent une place de choix dans les méringues carnavalesques de l’année 2018, observe l’agence en ligne AlterPresse.

La méringue « Ou mechan », du chanteur Roody Roodboy, de son vrai nom Roody Pétuel Dauphin, dénonce la corruption, l’insécurité et le manque d’infrastructures de santé et d’enseignement supérieur à travers le pays, entre autres.

Elle déplore également le gaspillage de fonds publics à un moment où il y a un manque d’équipements dans les hôpitaux publics et d’encadrement des policiers.

La méringue « Danse petro » de Don Kato, nom d’artiste du sénateur Antonio Cherami, constitue un cri d’alarme contre la corruption dans la société haïtienne.

Il dénonce particulièrement la dilapidation des fonds Petro-caribe.

La justice est appelée à sévir contre toutes celles et tous ceux impliqués dans ce dossier, suggère Don Kato.

Idem pour Kebert Bastien qui fustige à travers sa chanson « Bali gaz » le gaspillage de cet argent et la corruption criante dans les institutions publiques, le pillage des ressources du pays ainsi que le dysfonctionnement de plusieurs facultés.

L’artiste BIC (Roosevelt Saillant) décrit, à travers sa meringue « Ayiti sou wout li pa dwe ye », la mauvaise situation environnementale d’Haïti, où les rues sont jonchées de détritus, et le phénomène de la délinquance juvénile.

Il évoque le niveau de permissivité qui affecte la société : consommation par des enfants de l’alcool et des cigarettes, des écoles transformées en bordels...

BIC dénonce les conditions d’existence qui poussent les Haitiens, surtout les jeunes, à émigrer.

« Foli chèf », titre de la chanson de Boukman Eksperyans, met l’accent sur l’utilisation à outrance des gyrophares dans les rues par des officiels de l’Etat toujours pressés, qui violent les règles de la circulation, jusqu’à mettre en danger la vie des piétons.

L’ensemble des chansons mentionnées, et qui rencontrent la faveur du public, ne correspondent pas cependant au thème officiel du carnaval : « Ayiti sou wout chanjman » (Haïti est sur la voie du changement). Un thème qui s’inscrirait dans une logique de propagande, liée au discours gouvernemental.

Alter Presse