Entre utopie et réalité, Jacmel a 320 ans d’existence

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Fritz Valesco

Expositions, échanges, ateliers d’écriture, sorties et projection de films constituent la pléiade d’activités, entre autres, qui a animé les rues et les locaux de Jacmel durant le week-end du 27 au 29 juillet 2018.

Fondé en juillet 1698, Jacmel, le chef-lieu du département du Sud-Est, est connu pour sa richesse culturelle marquée par de nombreuses personnalités artistiques, notamment le peintre Préfète Duffaut, l’écrivain René Depestre et le poète Alcibiade Pommayrac dont la célèbre phrase « Jacmel, Sursum Corda » résonne encore aujourd’hui dans le cœur des Jacméliens qui ne se laissent jamais abattre.

L’une des figures emblématiques du monde culturel haïtien, Fritz Valesco (Pitit Fèy), a déclaré devant un public mixte venu assister à l’ouverture d’un concerto : « Il est grand temps pour moi de mettre fin à ma mission en Haïti, précisément à Jacmel. » L’école de musique Dessaix Baptiste, qu’il a portée comme son bébé sur les fonts baptismaux le 21 mars 1988, est devenue pour lui un fardeau. Depuis que cette école reçoit des fonds, les étudiants bénéficient des bourses d’études. Ainsi deviennent-ils professeurs, chefs d’orchestre, compositeurs qui font la fierté de Jacmel. Certaines personnes qui vont à l’encontre de sa vision pour cette institution, a-t-il expliqué à l’assistance, ont flétri son honneur. La tristesse dans la voix, il a fait savoir que c’est la dernière fois qu’il mettra le pied à l’école de musique Dessaix Baptiste.

Désappointé par l’état lamentable dans lequel se trouve le pays, ce directeur de l’école où s’est tenue, le samedi 28 juillet 2018, cette activité à Jacmel, tire un rideau noir sur l’avenir de cette ville appelée, depuis un certain temps, capitale culturelle du pays.

Déconcerté, Pitit Fèy n'y va pas par quatre chemins pour confier son état d’âme à un public impatient d’écouter les jeunes violoncellistes du camp d’été de l’école de musique Dessaix Baptiste.

Pierre Lucson Bellegarde, un jeune cinéaste de Jacmel ayant assuré la projection du film «Jacmel» coréalisé par Rachele Magloire et Carl Lafontant au local du «Vatican» est pourtant optimiste face à l’avenir, même s’il reconnaît qu’il y a des efforts et des sacrifices à consentir pour sortir Jacmel de l’impasse d’où il se retrouve aujourd’hui. Pour lui, l’ensemble des activités qui a couronné la semaine des 320 ans de la fondation de Jacmel montre la volonté du secteur privé de rehausser les phares de la ville.

La sortie de « Machann Fig la », un long métrage réalisé par Amiral Gaspard et Ricardo Tranquillin, durant ce week-end au ciné Concorde, a fait la fierté des Jacméliens. Le directeur de casting de ce film, Marc-Henry Valmont, croit lui aussi en des lendemains meilleurs pour Jacmel et l’ensemble du pays.

Manifestement, Marc-Henry Valmont croit qu’à Jacmel, le changement passera par le secteur culturel. Le cinéma, pour ce diplômé de Ciné Institute, est l’un des vecteurs de ce changement. Toutefois, sans salles de cinéma, sans espaces de promotion des arts visuels, ce rêve ne peut pas prendre le chemin de la réalité.

 

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