Collecte hétéroclite de pièces pour un musée rara à Léogâne

Publié
2 mois ago
Dernière mise à jour
2 mois ago
1713 views
Time to
read
2’

Vendredi saint ! La fièvre du rara s’apprête à prendre possession de la ville de Léogâne. Sur la place de l’église Sainte-Rose de Lima où trône la statue de la reine Anacaona, une tente portant modestement l’affiche « Musée Rara de Léogâne » (MURAL) attire l’attention.

Dans cet habitat temporaire et déplaçable, à gauche, un portrait 30’’X 67‘’en pierre granuleuse grise de la reine Anacaona accueille le visiteur. À vue d'œil, on découvre le portrait de pierre granuleuse marron  de l’aventurier espagnol Christophe Colomb, côtoyé par une charrette  de  cannes à sucre. En face, s’imposent des objets rituels renvoyant au « demanbre », véritable lieu mystique du vodou.  À droite, exposés des pièces, des objets rituels et instruments de rara. Costumes de sambas, bambous, tambours, sifflet, lanp tèt gridap, tchatcha, fwèt kach, cornets artisanaux, entre autres, s’accordent dans ce chapiteau. Déjà, ce petit hall baigné de lumière, recouvert de toile entraîne le visiteur à explorer l’univers rara.

«Le musée  rara expo présente un centre de documentation qui servirait d’archives aux générations présentes et futures », déclare  le Dr Jean Chenet Ulysse, président de l’Association touristique des Palmes de l’Ouest (ATPO). Ce dernier précise que la troisième édition de cette exposition, articulée autour du thème  « Origin ak Istwa rara », s’inscrit dans la démarche de la mise en place du musée rara de Léogâne. Ce musée, poursuit-il, répondra à un double objectif. D’une part, il renseignera les jeunes Léogânais sur la tradition rara, l’identité commune de la cité. Il s’agira, d'autre part, pour le touriste d’une activité transversale à côté des  grandes festivités traditionnelles. Par ailleurs, le natif de Léogâne indique que le musée permettra au visiteur féru de découverte de se faire une  idée  de l’art haïtien et de la  musique traditionnelle à travers les pièces exposées.

La collecte des pièces

« Nous collectons des pièces diverses : objets, images (dessins, photographies), archives (sonores, audiovisuelles, photographiques et papiers). Nous priorisons la collecte des objets qui nous appartiennent et qui reflètent notre identité. À titre d’exemple, nous réunissons des bambous qui datent de l’année 1800, des tambours, des costumes, des pièces sculpturales, des objets artisanaux (décoratifs et utilitaires). Toute une panoplie de pièces hétéroclites sont bienvenues pour concrétiser ce rêve cher. Nous avons recueilli de petits voiliers, une charrette, des barils grâce aux habitants de la commune qui ont compris le sens de notre démarche. Il nous ont fait don de différentes pièces», a confié le Dr Chenet.

Le directeur général de Médic Haïti  précise que le musée rara est à son stade embryonnaire. Il dit reconnaître les obstacles sur lesquels bute le projet qui  nécessite d’importants débours. Mais le médecin croit disposer de trois éléments fondamentaux permettant à l’idée de prendre corps : la volonté, le savoir et le savoir-faire.

Sachant que le rara est reconnu par l’UNESCO comme un patrimoine culturel, Chenet compte  solliciter des fonds auprès de cette organisation pour la mise en place effective du musée rara qui valorise cette grande fête traditionnelle.

Elien Pierre source Le Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 2 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 2 mois ago