Adieu, Jimmy Ménard...

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Jimmy Menard

L’animateur Jimmy Ménard a rendu l’âme dans la matinée du 28 mars 2019 suite à un AVC. C’est une grande perte pour le monde sportif haïtien, puisque le natif de Dondon y a roulé sa bosse au cours de sa longue et belle carrière initiée en 1994, comptant ses passages dans plusieurs médias de la capitale. Ci-après les témoignages de quelques-uns de ses collaborateurs.

Sérieux, professionnel, cultivé sont les mots qui reviennent dans les divers témoignages recueillis sur Jimmy Ménard, l’animateur qui a rendu l’âme dans le matinée du 28 mars selon son fils Jonathan joint au téléphone quelques heures après cette terrible perte. Que ça soit Behrmann Gay, qui l’a connu au milieu des nineties au sein de Télémax, ou encore Kimberly Pierre à qui il a ouvert la voie du monde audiovisuel, tous claironnent unanimement : « Le départ de Jimmy c’est une grande perte pour le sport haïtien. »

Behrmann se rappelle que son feu collaborateur a présenté l’émission « 5 Sportif » en alternance avec lui. C’était, selon ses mots, l’homme qu’il fallait quand on devait assurer la couverture de grands événements sportifs allant de Coupe d’Europe à la Coupe du monde, sans oublier la Copa America et les championnats d’Europe… « Il avait, témoigne-t-il, un grand sens de l’humour. Il parvenait toujours à faire rire de tout. En plus c’était un type qui était toujours sur son 31. »

Pastè Blaze, qui s’est rendu célèbre notamment avec son show radiophonique « Pulsation » sur Planèt Kreyòl, se rappelle que Jimmy, qui trônait dans la section sportive, était un homme très à-cheval sur les principes. Pourtant cela ne l’empêchait point de faire preuve d’empathie envers les autres. « Il nous conseillait beaucoup. Il nous invitait à dresser la barre très haut à chaque fois. Je n’ai pas en mémoire une seule mauvaise histoire qui ait pu ruiner sa réputation », avance l’animateur.

Toujours concernant son rapport privilégié avec les jeunes, le meilleur témoignage à ce sujet est bien entendu celui de Kimberly Pierre, l’actuel responsable de la section sportive de Radio-Télé Pacific. « Je lui suis redevable de ma carrière à la télévision. En effet quand il a monté l’émission Boxe 56 sur Télé, il m’a encouragé à y faire mes premiers pas devant la caméra », raconte le jeune journaliste. Il lui reconnaît un grand niveau de culture aussi, une capacité à réagir sur n’importe quel sujet. « Il pouvait réagir sur bien d’autres domaines que les sports », se souvient-il.

Joas Cyprien, vice-président de la Fédération nationale de boxe, est un autre collaborateur rapproché de Jimmy Ménard, notamment au sein de Boxe 56. « Je savais l’écouter quand il travaillait dans d’autres médias, confie-t-il. Ensuite je suis parti vivre quelques années à l’étranger. À mon retour en 2013, j’étais très emballé à l’idée de m’embarquer dans cette aventure de Boxe 56 avec lui. Moi, je suis un passionné ; lui, un présentateur très renseigné sur la matière. » Joas gardera à tout jamais en mémoire la sympathie et la facilité de son ancien collègue de mettre tout le monde à l’aise.

Un autre témoignage (et pas des moindres) de cette émission de boxe à laquelle le feu animateur a participé est bien-entendu celui de Paul Maxime Polycarpe, le producteur même du show. Celui-ci se rappelle que quand on lui avait soumis la production de l’émission, il avait exigé que ce soit Jimmy qui l’anime. « J’étais au courant de son savoir-faire et je ne saurais trouver un meilleur complice à Joas qui est un expérimenté de ce sport. Jimmy était en plus très bien éduqué et ne refusait jamais d’aider les plus jeunes. Plusieurs comme Kimberly peuvent témoigner de l’opportunité qu’il leur avait offerte pour se lancer dans la présentation télévisée.

Eddy Jean Jules de Radio-Télé Timoun, où Jimmy Ménard a passé plusieurs années, a en mémoire un collègue proactif, toujours à la pointe de son art. «  On ne se fréquentait pas beaucoup ; toutefois le miracle que cet homme accomplissait à la radio était connu de tous. Il a fait partie de la belle époque menée par la génération des grands comme Wendell Lavaud, Yolda Jean-Marie », conte l’actuel plus ancien employé de cette station.

Ticket Magazine, dans sa série consacrée aux animateurs et émissions mises sur pied dans le cadre de la dernière édition de la Coupe du monde, lui avait consacré une remarquable tribune intitulée « Jimmy Ménard, nèg prensip la ». Dans cette publication, l’accent a été mis sur son parcours initié en 1994, mais aussi sa passion pour le sport. Il a déclaré, et nous le citons textuellement : « Je fais ce travail par plaisir, par passion, car le métier de journalisme ne permet pas de vivre décemment en Haïti. Parallèlement, je donne des consultations, je fais autre chose. Mais cela ne m’empêche d’aimer le journalisme sportif. Si se pa t sa, mwen t ap kite deja. » Et aussi sur sa discipline de travail : « Je vais au-delà de la discipline elle-même. Je présente les équipes côté géopolitique, c’est-à dire le pays, son commerce, son histoire, et je parle surtout de leurs réalisations où j’essaie de les comparer un peu avec Haïti. Après, je rentre dans le play-by-play. Je tente d’apporter une touche nouvelle. Mais c’est seulement pour la radio, car le propriétaire en a décidé ainsi. J’ai quatre collaborateurs : Olivier Vital, Richemond Chinel, Rica Sylvain, Emmanuel Gabriel, qui font un travail super », confiait le directeur de sport de Signal qui manquera beaucoup à tous ses inconditionnels.  

Chancy Victorin source Ticket Magazine

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