Les 42 millions de dollars ne sont toujours pas récupérés…

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Toussaint Louverture - Port-au-Prince

L’administration Martelly a avalisé, celle de Privert a avancé les plus de 42 millions de dollars à China National Automation Control System Cors dans le cadre du projet d’expansion de l’aéroport Toussaint Louverture. Le projet, avec prêt non concessionnel, a été abandonné sous pression des bailleurs et d’autres partenaires bilatéraux. Plus de deux ans après, l’argent n’est toujours pas récupérer par Haïti, un pays pauvre qui fait face à de sérieux problèmes financiers…

L’État haïtien, dans la dèche, n’a toujours pas récupéré plus de deux ans après le versement, les 42, 534,450.00 dollars avancés à la China National Automation Control System Corp dans le cadre du projet d’expansion de l’aéroport Toussaint Louverture. Le ministre de l’Économie et des Finances, Ronald G. Décembre, interrogé par le journal, vendredi 29 mars 2019, a évoqué les démarches entreprises.

« La procédure est entamée pour récupérer l’argent. Nous avons déjà adressé deux correspondances à la firme pour qu’elle restitue l’argent. Nous attendons sa réponse pour les suites nécessaires », a confié le grand argentier de la République. « Non, nous ne l'avons pas encore attaquée en justice. Nous attendons sa réponse après les deux lettres. Il faut récupérer cet argent. Nous le récupérerons coûte que couûe », a assuré Ronald G. Décembre, le ministre de l’Économie et des Finances, qui ne parvient toujours pas à récupérer ces fonds décaissés par l’administration Privert, après la signature de l’accord par l’administration.

Le projet de réhabilitation et d’agrandissement de l’aéroport international Toussaint Louverture dont le montant est estimé à 289 350 457 $, financé par un prêt auprès de la Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) et pour lequel l’Etat haïtien avait donné une avance de démarrage de 43 402 500 dollars en mai dernier à la firme China National Automation Control System Corp (CASC), est « stoppé », « suspendu », sous la « pression maximale » des bailleurs de fonds, dont le FMI, la Banque mondiale, la BID, l’UE, avait annoncé à la presse le ministre de l’Économie et des Finances Yves Romain Bastien, le mercredi 9 novembre 2016.

Les bailleurs, pour plusieurs raisons, sont tombés à bras raccourcis sur ce projet initié sous la présidence de Michel Martelly avant que l’administration Jocelerme Privert ne fasse le décaissement de l’avance de démarrage. « Il s’agit pour eux, a expliqué Yves Romain Bastien, d’un prêt non concessionnel avec des taux d’intérêt élevés. Le hic, c’est qu’en 2008, lors de l’annulation de la dette d’Haïti par les institutions financières internationales, il y avait cette conditionnalité, cette ligne rouge à ne pas franchir».

Il faut être d’accord qu’on est pris à défaut, avait reconnu le ministre de l’Économie et des Finances, estimant qu’à l’avenir, pour les projets de construction d’infrastructures déterminants pour l’économie, il est nécessaire d’impliquer plusieurs partenaires. Il ne faut pas partir à l’aventure sur la base de mauvaises analyses. Le projet, approuvé par la CSC/CA, a été fait sans appel d’offres. « Le montant est trop important pour le limiter à un seul partenaire », a reconnu le ministre de l’Economie et des Finances, soulignant que le gouvernement a fait preuve de « sagesse » en suspendant ce projet.

Après le départ du président Jocelerme Privert, le dossier a été instrumentalisé sous Jovenel Moïse, sans qu’il n’y ait, a appris le journal, un vrai souci de faire les démarches pour récupérer en tout ou en partie ces 42 millions de dollars. Alors que l’on faisait des ennuis judiciaires à l’ex-ministre des Finances, Yves Romain Bastien, entre avril et mai 2017, la firme chinoise, disposée à renégocier des clauses financières du contrat de prêt à Haïti, avait écrit au ministre des Finances Alix Patrick Salomon, à celui des TPTC, Fritz Caillot, à Jean Walnard Doneval, conseillé du président Jovenel Moïse, pour qu’une décision soit prise dans le cadre du dossier de l’aéroport. Ces informations n’étaient  pas rendues publiques.

Le journal avait pris connaissance d’une lettre datée du 24 avril 2017, reçue au ministère de l’Économie et des Finances le 25 avril, adressée aux ministres de l’Économie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, des TPTC, Fritz Caillot, par Liu Gang, le secrétaire du Parti communiste et vice-président de la China National Automation Control System Corp. Dans cette correspondance, Liu Gang a indiqué « qu’en mai 2016, nous avons reçu le paiement contractuel versé par le MEF, la somme de 42, 534, 450.00 de dollars équivalent au paiement anticipé (qui coûte 15 % du prix contractuel) avec la déduction incluant la retenue à la source de 2 %. Actuellement, le paiement anticipé est dans le compte bancaire de notre compagnie créé spécialement pour le projet de l’aéroport afin d’assurer que le paiement anticipé soit utilisé exclusivement pour les dépenses liées au projet de l’aéroport. Sur la base d’une bonne perspective du projet, nous avons fait beaucoup de travaux préparatoires. La signature et l’entrée en vigueur de l’accord de prêt dans des conditions primordiales pour le bon lancement des travaux », lit-on dans cette lettre.

« Nous avons été informé par le ministre des Finances du précédent gouvernement que l’approbation de l’accord de prêt a été mis en veilleuse en raison des contraintes imposées par des engagements antérieurement pris envers des bailleurs de fonds internationaux. Nous sommes toutefois disposés à venir discuter avec vous de ces contraintes et des arrangements possibles permettant de les lever, sans qu’aucune des parties ne se retrouve lésée », selon la lettre. « Nous sommes conscient que le gel depuis près d’une année de l’avance de démarrage de plus de 42 millions de dollars doit représenter une charge additionnelle pour votre pays qui fait déjà face à des difficultés, autres que financières. Aussi, nous nous engageons, une fois toutes les conditions réunies, à travailler sans relâche, jour et nuit, pour livrer dans les délais un aéroport moderne, qui contribuera à projeter l’image d’une Haïti résolument ouverte aux investissements étrangers. Dans l’attente de votre réponse, nous vous renouvelons, Messieurs les ministres, l’assurance de notre haute considération et de notre parfaite collaboration », d'après ce qui est écrit dans cette lettre.

L’an dernier, à pareille époque, presque avant les fêtes de pâques, le Premier ministre de l’époque, Jack Guy Lafontant, s’était entretenu avec des représentants de cette firme. Aucune avancée significative n’avait été faite. Cette avance de 42 millions de dollars, objet du contentieux entre l’État et la China National Automation Control System Corp (CASC), souligne que les analyses et l’exigence de préservation des intérêts de l’État ont été placés au second plan. Des sources interrogées par le journal craignent que l’État haïtien ne perde, au risque de tout, une partie de ces 42 millions de dollars.

Source Le Nouvelliste

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