L’emplacement de bases militaires américaines dévoilé

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L'armée américaine est en train d'étudier le problème. Kim Hong-Ji/REUTERS

 

L'application de fitness Strava propose une carte des parcours d'entraînements empruntés par ses utilisateurs à partir de leurs bracelets . Problème : certains d'entre eux sont des militaires travaillant sur des bases secrètes.

En 2013, dans le cadre d'un plan de lutte contre l‘obésité, le Pentagone distribuait 2.500 bracelets Fitbit à son personnel militaire. Ces bracelets connectés, dont les données ont été utilisées par le site Strava pour cartographier les parcours empruntés par les sportifs, ont fini par trahir la position de certaines de leurs bases militaires.

Le site Strava propose aux sportifs de suivre leur progression et de comparer leurs performances aux autres, en utilisant une application mobile ou un bracelet connecté comme Jawbone ou Fitbit. Utilisé par 27 millions d'individus dans le monde, il se présente comme «le réseau social de celles et ceux qui s'investissent dans l'effort». En novembre, Strava a mis à jour sa carte thermique publiée pour la première fois en 2015. Celle-ci représente par des traits lumineux sur fond noir les parcours empruntés par les sportifs pour faire leur footing, du vélo, ou encore de la natation. Le but est de mettre en valeur les itinéraires d'entraînement les plus populaires, ou à l'inverse, les moins connus.

Pour réaliser cette carte, le site s'est appuyé sur 10 terabytes de données brutes enregistrées entre 2015 et 2017, soit six fois plus que dans la version précédente. Les activités des utilisateurs de l'application ne sont pas relayées en direct, et les parcours empruntés ne sont pas nominatifs. Cela signifie que les itinéraires ne peuvent ni être datés avec précision, ni être attribués à une personne en particulier. Malgré cela, la mise en valeur de ces parcours d'entraînement peut mener à la révélation de données sensibles.

Une mine d'informations
Certaines zones de conflits comme en Syrie, en Irak, au Niger ou à Djibouti sont situées en plein désert ou en rase campagne. Sur la carte de Strava, ces zones où aucune activité sportive n'est recensée par l'application apparaissent en noir. Au beau milieu de certaines d'entre elles, des traits lumineux attirent l'attention. Les seuls individus susceptibles d'utiliser Strava dans ces régions sont les troupes occidentales qui y sont postées. En zoomant sur la carte, on peut utiliser leurs parcours d'entraînement pour en déduire des informations sur la configuration de leurs bases militaires.

 

Le problème a été identifié par Nathan Ruser, un Australien âgé de 20 ans qui étudie la sécurité internationale et le Moyen-Orient. Son attention a été attirée par une réflexion de son père après avoir vu la carte. Selon ce dernier, celle-ci donnait une petite idée de l'endroit où se situaient les gens riches et blancs dans le monde. “Si les soldats utilisent l'application comme le font les personnes normales, en activant la géolocalisation lorsqu'ils font de l'exercice, cela peut s'avérer particulièrement dangereux” explique Nathan Ruser.

La localisation de certains sites, comme la base aérienne américaine de Kandahar en Afghanistan, est déjà publiquement connue. Cependant, la carte révèle bien plus que les parcours d'entraînement des soldats. Ce sont toutes les habitudes de vie des occupants de la base qui sont concernées, explique au Washington Post Tobias Schneider, analyste en sécurité internationale. Beaucoup d'entre eux portent en effet leurs bracelets connectés tout au long de la journée pour calculer le nombre de pas qu'ils font. Par exemple, les concentrations de points lumineux à l'intérieur des bases peuvent indiquer l'endroit où les troupes mangent ou travaillent, et devenir des cibles pour des ennemis potentiels. Les traits lumineux qui partent des bases pour y revenir peuvent également correspondre aux itinéraires de patrouilles. «Ces données offrent une mine d'information à quiconque voudrait attaquer ou piéger les troupes américaines à l'intérieur des bases ou aux alentours», alerte Schneider.

Dimanche, le porte-parole du Commandement central américain, John Thomas, a affirmé que l'armée américaine était en train d'étudier le problème.

Pauline Verge source Le Figaro

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