15e Conférence annuelle du Jamaica Stock Exchange : entre leçons apprises et marche à suivre pour Haïti

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Delegation Profin - Jamaique 20

Fin de la 15e édition de la conférence annuelle « investissement régional et marchés des capitaux » organisée par la Bourse jamaïcaine (Jamaica Stock Exchange (JSE), en anglais), du 21 au 23 janvier 2020, à Kingston, autour du thème « Le vent du changement: capital, innovation et technologie », sur fond de satisfaction générale et de moult enseignements reçus pour la délégation venue d’Haïti. Retour sur la participation de la délégation haïtienne, composée des membres du conseil d'administration et cadres de ProFin et de Caribbean Investor Capital S.A. (CIC), à ce forum financier régional qui, chaque année, réunit l’élite jamaïcaine et internationale de la finance et des affaires.

Avec, entre autres, pour objectif de sensibiliser à l'importance du marché des capitaux pour le développement économique et la prospérité de la région, la conférence du JSE millésime 2020 n’a laissé indifférent aucun membre de la délégation haïtienne, à en juger par les commentaires à chaud de chacun d’entre eux recueillis au moment où les rideaux se refermaient sur cette 15e édition à l’hôtel Jamaica Pegasus de Kingston.

Unanimement, les membres de la délégation ont salué la qualité de l’événement et ont reconnu volontiers, face aux multiples progrès réalisés ces dernières années par le JSE – classé deux années consécutives le marché boursier le plus performant au monde -, qu’Haïti doit impérativement en prendre de la graine.

Participation du Premier ministre actuel, Andrew Holness, et du leader de l’opposition, Dr Peter Phillips, à la conférence ; intérêt des autorités politiques en place pour la chose économique ; capacité de l’opposition à se prononcer sur les décisions économiques ; continuité dans la discipline et les réformes entamées malgré l’alternance politique ; consensus dégagé autour des fondamentaux économiques non négociables ; l'éducation économique et financière de la population comme élément catalyseur dans le renouveau économique de la Jamaïque qui a pu sortir du programme du Fonds monétaire international (FMI) en réduisant substantiellement son niveau de dette…

Ce sont, entre autres, les temps forts de la conférence de cette année que Robert Paret Jr, président directeur général de ProFin, et les autres membres de la délégation, ont relevé et qui, d’après leurs dires, ont attiré leur attention.

Robert Paret Jr utilise les progrès accomplis ces deux dernières années dans le secteur financier ainsi que l’état d’esprit des secteurs privé et public tournés vers l’intégration des innovations dans la vie financière et dans la vie courante comme étalon de mesure pour jauger l’écart – disons mieux le fossé – qui existe entre ce que nous voyons en Haïti et les facteurs de succès de la Jamaïque.

À titre d’exemple, le P.D.G. de ProFin a d’abord mentionné la stratégie déployée par le gouvernement jamaïcain pour aboutir à une privatisation intelligente des infrastructures publiques et les rendre accessibles au plus grand nombre.

Sur ce point, le Premier ministre, le ministre des Finances et le leader de l’opposition sont du même avis : ces derniers veulent qu’il y ait de plus en plus de Jamaïcains à posséder une part de l’économie créatrice de richesses.

Pour y parvenir, la vente de 100% d’une usine électrique à base éolienne l’année dernière a été consentie ; la plus grande introduction en bourse (IPO, en anglais) de la Caraïbe avec la vente de 100% de l’autoroute de Kingston à Montego Bay est prévue le mois prochain ; et, le ministre des Finances a annoncé la vente de 20% du monopole public qui gère les services utilitaires.

« Je trouve que c’est un progrès énorme. Il y a deux ans, le discours était autre », a souligné Robert Paret Jr, qui n’a pas caché sa fascination pour la façon dont les technologies sont mises à contribution pour faciliter les transactions financières; la robotisation est mise au service de la finance ainsi que la place accordée aux PME, éléments moteurs de l’économie, voulant effecteur leur introduction en bourse. 

Un modèle de démocratie 

 « J'ai été une nouvelle fois impressionné  par la maturité des politiciens jamaïcains qui ont fait montre d'une vision commune concernant l'intérêt public, à savoir le bien-être de la population. Autant le Premier ministre que le chef de l'opposition, le message est clair, il faut la stabilité macroéconomique mais les sacrifices doivent être bénéfiques à tous les Jamaïcains », a renchéri l’économiste Kesner Pharel, P.D.G. du Group Croissance. 

Même son de cloche du côté de Jean-Philippe Prosper P.D.G. de ProCapital Limited, qui se dit impressionné par le niveau d’ouverture d’esprit et de respect mutuel – du moins en public – dont font montre le parti au pouvoir et l’opposition qui s’entendent sur certains aspects, se parlent entre eux pour travailler dans l’intérêt du pays.

« Une leçon très importante pour Haïti », a souligné Prosper, estimant qu’Haïti peut apprendre des progrès réalisés par la Jamaïque ou ailleurs pour les répliquer.

Robert Paret Jr s’est voulu formel là-dessus : « Notre objectif premier en participant à une telle conférence consiste avant tout à identifier des modèles, des exemples sur ce qui se fait bien ailleurs, ce qui réussit afin de comprendre comment les adapter dans la mesure du possible les répliquer dans notre environnement. »

En tant qu’acteur du secteur financier, a-t-il poursuivi, nous avons trouvé ce que nous étions venus chercher, à savoir les modèles, l’expérience ainsi que les contacts.

La suite, à savoir la mise en application, risque de ne pas être de tout repos.

Si l’on en croit Guy Richard Balan, directeur général de Caribbean Investor Capital S.A. (CIC), l’idée d’avoir un marché boursier en Haïti n’est ni encore acceptée ni bien comprise. « Nos entrepreneurs ne comprennent pas ce qu’un marché boursier apporte à une compagnie », a noté Balan, précisant qu’un tel marché apporte notamment de l’argent à la compagnie tout en l’incitant à rester dans les clous de la bonne gouvernance et d’une bonne gestion financière.

En tant que première société haïtienne de promotion des investissements, ProFin, estime Guy Richard Balan, a un rôle fondamental à jouer, en éduquant la population et en offrant au grand public la possibilité d’investir.

En attendant la création d’un marché boursier haïtien, la directrice générale du Jamaica Stock Exchange, Marlene Street Forrest, nous a communiqué Charles Clermont, PDG de Caribbean Venture Capital S.A. (CVC), caresse le rêve de voir un jour une entreprise haïtienne cotée à la bourse jamaïcaine.

Un rêve également partagé par Robert Paret Jr, qui nous a fait part de son optimiste quant à l’éventualité pour que dans un futur proche, une entreprise haïtienne soit listée sur le JSE.

« Aujourd’hui, la question n’est pas si nous aurons une entreprise d’origine haïtienne listée sur le marché boursier jamaïcain mais plutôt quand [ce sera fait] », a déclaré Robert Paret Jr, indiquant avoir travaillé suffisamment à l’avènement de cet exploit dans l’histoire de la finance haïtienne.

Quid des perspectives de ProFin ?

De retour en Haïti, l’équipe de ProFin, selon ce que nous a révélé son P.D.G., dans les prochains jours, s’attèlera à mettre sur le marché ses nouveaux produits constituant les prémisses du marché de capital ; à diversifier, dans les prochaines semaines, sa gamme de produits que s’arrache le marché, et à mettre le cap, dans les prochains mois, le Sommet international de la finance du Group Croissance que ProFin organise conjointement avec la BRH.

Patrick ST Pre source le nouvelliste

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